Test de patience

2 juillet 2008 par Dæmonia

Je viens de recevoir un premier colis de l’Inde, que j’avais posté à partir de Khajuraho à la mi-mars. Mon deuxième colis, posté à partir de Darjeeling quelques semaines plus tôt, n’est pas encore arrivé. Tout deux deux on été envoyé par bateau, un transport très lent, mais beaucoup plus économique que l’avion!

Mise à jour: mon deuxième colis est arrivé aujourd’hui, deux jours après le premier!

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Pour que jamais l’on oublie…

9 mai 2008 par Dæmonia

Le Mémorial de l’Holocauste, situé en plein cœur de Berlin à proximité de la Porte de Brandebourg, est un chef-d’œuvre incontestable. L’artiste qui en est l’auteur n’a pas cherché à en expliquer le sens, préférant laisser à chacun le loisir d’y trouver sa propre interprétation. Mais, ce qui est certain, c’est que personne ne peut rester indifférent face à cette immense place de 19 000 mètres carrés où sont disposés 2 711 stèles de béton gris anthracite que l’on croirait à première vue tous identiques.

En s’approchant du Mémorial, il est difficile de comprendre quel est le but de cet agencement assez morne. On ne voit que des rangés et des rangés de rectangles gris, tous identiques et parfaitement alignés les uns par rapport aux autres. Sommes-nous censé y pénétrer, en explorer l’intérieur, ou demeurer à la périphérie, le regarder de l’extérieur, tel un monument? Si on prends la chance de s’y aventurer, on constate peu à peu qu’aucune stèle n’a exactement la même taille. Doucement, timidement, on continue d’avancer, pour se rendre compte de l’immensité réelle de l’endroit. Sans que l’on s’en rende compte, nous sommes déjà enfoncé, oppressé par ses blocs de bétons, désormais deux fois plus grand qu’un être humain – Comment sont-il devenu aussi grand, alors qu’à l’entrée, ils nous arrivaient à peine aux genoux? De l’extérieur, ils semblaient tous de tailles à peu près égale, et la surface les supportant relativement plane. Mais à l’intérieur, le sol forme des vagues progressives, de plus en plus prononcées, accentuant le sentiment d’instabilité. Et alors que vous étiez persuadés d’avoir pénétré dans ce Mémorial au même moment que plusieurs autres personnes, vous vous retrouvez soudainement, au milieu de cette immensité grisâtre… complètement seul.

Sous les stèles de ce mémorial se trouve un petit musée dédié à la mémoire des Juifs victimes de la Shoah. Plutôt que de tenter d’expliquer l’inexplicable, le musé s’en tient à exposer crûment les faits, sans les entourer de détails inutiles. Une première salle rappelle les événements historiques qui ont précédé la solution finale, dont l’adoption de lois justifiant la ségrégation des Juifs d’Europe dans des ghettos, leur déportation et finalement leur extermination. Une deuxième salle expose des extraits de lettres et de carnets personnels, écrits avant ou après la déportation vers les camps de la mort, et dont l’identité des auteurs restera sans doute, pour la plupart, à jamais inconnue. Une troisième salle retrace le destin tragique de différentes familles juives en provenance de divers pays d’Europe. Enfin, juste avant la sortie, une dernière salle expose les statistiques de chacun de ces camps, ainsi que le total des disparus de chaque pays.

La salle prédominante de ce musée est la salle des noms, plongée dans la pénombre. Sur les murs nus s’affichent un à un les noms des Juifs exterminés par les nazis, tandis qu’une voix récite brièvement les circonstances de la vie et de la mort de cette personne, afin de redonner un visage et une individualité à ces millions de cadavres anonymes. Un visiteur devrait demeurer six ans et demi dans cette salle pour afin d’entendre la liste complète de chacune des victimes qui ont été identifiées. Et il n’aurait entendu qu’une fraction des noms de tous les disparus, le travail d’identification étant encore loin d’être terminé…

À la sortie du Mémorial, j’ai ressenti comme un grand vide. J’ai toutefois le sentiment que l’on a omis un aspect important de cette tragédie. Qu’est-il arrivé à ces gens qui ont survécu au massacre? À ces prisonniers qui ont été sauvés in extremis alors qu’ils étaient réduits à l’état de squelettes ambulants? Combien parmi eux ont réellement survécu aux chocs physiques et moraux qu’ils ont dû endurer? Quelle a été leur vie par la suite, hantée par ces événements et ces peurs? Ont-ils pu retrouver une certaine santé? Dans quelle mesure ont-ils pu réintégrer cette société qui avait fait vœu de les exterminer? Ont-il pu trouver une nouvelle terre d’accueil ailleurs, dans un autre pays? Ceux qui ont choisi de se rendre en Palestine/Israël ont-ils trouvé la Terre promise?
De plus, quel a été le sort des soldats qui ont participé à l’Holocauste? On a bien jugé et condamné quelques-uns des dirigeants qui ont conçu et ordonné la solution finale, mais qu’est-il arrivé à tous les simples soldats qui se contentaient d’exécuter les ordres, de gré ou de force, avec plaisir, indifférence ou dégoût? Peut-on réintégrer la société et reprendre la vie d’un citoyen ordinaire lorsque l’on a de telles exactions sur la conscience? Peut-on s’endormir la nuit sans revoir le visage des milliers de personnes que l’on a froidement fusillés ou gazés? Que peut-on faire pour expier pareil crime?

À quelques mètres du Mémorial de l’Holocauste se trouve l’emplacement du bunker où Hitler s’est suicidé à la fin de la guerre. L’endroit a été rasé et remplacé par un stationnement.

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Ajout d’un blogue

9 mai 2008 par Dæmonia

Les observateurs l’aurons peut-être déjà remarqué, mais j’ai ajouté un blogue à ma liste, “Voyage quelque part“. Il s’agit du blogue de Gabriel, l’ami qui m’a accompagné lors de mon périple jusqu’à la mer Noire.

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Quand le présent et le passé se heurtent…

30 avril 2008 par Dæmonia

Les Allemands ont-ils le droit d’afficher, voire même seulement d’avoir, une fierté nationale? Ici, à Berlin, poser une telle question, c’est pratiquement y répondre. La fierté nationale sonne comme une condamnation. Parmi les immeubles que l’on peut voir à Berlin, très peu remontent à la période nazi ou à toute période antérieure. Pratiquement tout le patrimoine architectural de la ville a été détruit par les deux grandes guerres et le peu qui reste a été défiguré. Des grues s’affairent jour et nuit à construire une nouvelle ville, soit en édifiant de nouveaux bâtiments, soit en restaurant de plus anciens. Un ami m’a rapporté les paroles d’un guide selon qui si vous visitez Berlin une année et que vous revenez l’année suivante, vous découvrez une ville totalement différente.

La plupart des gens que je croise dans la rue sont trop jeunes pour avoir connu la guerre. Pourtant, le sombre nuage des horreurs du passé semble flotter en permanence au-dessus de la ville. On peut encore apercevoir ici et là quelques rares et discrets vestiges du mur, protégés des vandales et des touristes par des clôtures métalliques. La porte de Brandebourg semble encore conserver la mémoire et résonner des pas de tous les soldats qui y sont passés. Un mémorial dédié aux millions de juifs exterminés dans les camps de concentration rappelle cette page ignominieuse de l’histoire universelle. Dans les cours d’histoire, on fait en sorte que les jeunes Allemands n’oublient pas que leurs ancêtres ont joué le rôle de bourreaux, et sont donc les « méchants » de l’histoire. Il est encore impossible pour les Allemands de faire preuve de nationalisme ou même de se montrer fiers des réalisations d’avant la guerre ou actuelles de leur pays sans risquer de se faire taxer de néo-nazis.

Il n’est évidemment pas question de nier de quelque façon que ce soit l’horreur des déportations, des camps de concentration et des exactions de toutes sortes commises pendant la Seconde Guerre mondiale par les générations précédentes, mais dans quelle mesure les enfants du vingt-et-unième siècle doivent-ils être punis pour les erreurs du passé? Dans combien de générations les Allemands pourront-il être libérés de cet écrasant fardeau?

Malgré cela, l’Allemagne est un pays magnifique qui est peuplé de gens agréables et amicaux. De tous les pays étrangers que j’ai eu l’occasion de visiter jusqu’à présent, l’Allemagne est sans doute le seul où je pourrais très bien envisager de déposer mes bagages pour m’y installer pendant une période relativement prolongée. Je parle bien entendu de la partie ouest de l’Allemagne, car je n’ai pratiquement rien vu de la partie est qui vivait encore assez récemment sous un régime communiste, et qu’on m’a affirmé être très différente du reste du pays. Quoique si ce que j’ai pu en voir, du côté est de Berlin, est représentatif de cette partie du pays, je dois dire que j’ai été frappée par la ressemblance entre la fameuse « architecture communiste » et bien des immeubles à bureaux ou à appartements que l’on peut voir un peu partout en Amérique du Nord.

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Nouveaux articles…

8 avril 2008 par Dæmonia

À lire dans cet ordre:

  1. Au coeur de l’ordinateur
  2. Voyage en bande-annonce
  3. Dans le port d’Amsterdam, il n’y a pas que des marins…
  4. Minutie et précisions
  5. La reine du Danube
  6. Otan en emporte le vent…

Prochaine destination: Berlin!

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