Première journée de classe

On réalise bien des choses, quand on passe de la théorie à la pratique…

Depuis notre arrivée au Centre Bala Vikasa, nous avons eu l’occasion de préparer de nombreux documents, brochures, documentaires, site Web, etc. qui décrivent les différents cours dispensés par le Centre. Toutefois, c’est la première fois que nous avons la chance de suivre réellement l’un de ces cours et, croyez-moi, c’est une toute autre histoire!
Les cours sont base sur une approche très participative de la part des étudiants. Autrement dit, l’enseignement se fait en grande partie au moyen d’études de cas, de jeux de rôle, de mises en situation, de présentations et même de chansons. Cette méthode semble donner de bons résultats, surtout aupres de des personnes dont la scolarité formelle est très limitée, voir inexistante. Parcontre, pour une personne habituée à recevoir des cours magistraux, comme moi, laissez-moi vous dire que c’est plutôt déstabilisant! Une chose est toutefois certaine, nous avons tous eu énormément de plaisir.

En entrant à la cafétéria ce matin, j’ai été stupétrie d’entendre quelqu’un me lancer en bon québécois : « Toi, t’es la sœur de Paméla! ». Et moi qui croyais être toute seule à l’autre bout du monde. Comme quoi, on aura beau traverser plusieurs continents, les liens familiaux finiront toujours par nous rattraper. La situation demande quand même quelques explications. Pendant la nuit, la « famille Bala Vikasa » s’est agrandie de 21 nouveaux membres, des stagiaires de différents pays venus suivre le cours de coopération internationale. De ce nombre, il y a deux Québécoises qui ont gradué du programme international de l’école secondaire Grande Rivière en même temps que ma grande sœur Paméla. La surprise a sans doute été aussi forte pour elles que pour moi.

Deuxième surprise aujourd’hui : il n’y pas un, mais bien trois anniversaire de naissance: celui de la fondatrice, celui de la vice directrice du Centre et le mien. Il n’y a pas a dire, le cour a vraiment commencé sur une note joyeuse!

Après les longues présentations de tous les participants et de tous les enseignants du programme, notre premier cours : « Cultural and Sustainable Development » [Développement culturel et durable] a finalement commencé. Je dois cependant avouer que ça valait la peine d’attendre, compte tenu de la qualité incroyable du cours et de la richesse de son contenu. Je ne peux évidemment pas vous résumer ce cours dans le cadre de mon blogue : ce serait beaucoup trop long! Je peux cependant vous dire que ce cour expliquait admirablement bien la raison de nos échecs répétés en ce qui concerne l’intégration des membres des Premières Nations (amérindiens ou autochtones, je vous laisse choisir l’appellation qui vous plait). Il est en effet illusoire que de tenter de développer de force un peuple, sans lui demander son avis et sans chercher à comprendre sa culture. Au mieux, l’organisme survivra le temps que vous y injecterez des fonds et/ou travaillerez directement sur le terrain, puis la société reviendra à sa situation initiale; au pire (ce qui est d’ailleurs le plus probable), vous laisserez cette société dans un état bien plus déplorable qu’avant votre arrivée. Tout au long du cours, notre professeur – Rita – a fourni de nombreux exemples et contre-exemples, dont plusieurs projets auxquels elle avait elle-même participé. Les autres participants du cours, qui proviennent notamment de pays comme le Népal, la Tanzanie, l’Afrique du sud et le Bangladesh, ont également parlé de leurs propres expériences vécues sur le terrain de leur propre pays.

Bref, la journée fut hautement instructive, et je compte bien partager mon nouveau savoir lorsque je serai de retour au Québec, soit par des conférences, soit par du travail sur le terrain. Et ce n’était que la première journée de classe. Si le reste du programme est à l’avenant, ça promet d’être un apprentissage extraordinaire!

En soirée, nous avons profité de notre temps libre pour faire découvrir à nos nouvelles amies quelques endroits que nous avions déjà découverts lors de nos promenades aux alentours de Warangal. Toutefois, la pauvre Ashley se retrouve maintenant sérieusement minoritaire : sur les cinq Canadiens qui participent au programme, il y a maintenant quatre Québécois de l’Outaouais! Je me sens déjà moins mal à l’aise au sujet de mon anglais, parfois hésitant…

Bon anniversaire!

2 Responses to “Première journée de classe”

  1. Whoh, c’est vrai que ça doit être très surprenant de rencontrer des gens que l’on connait « à l’autre bout du monde » !

    Quand aux cours, ça me rappelle certains des TDs que j’ai à la fac, où on a une bonne ambiance et des profs un peu marginaux. C’est peut être déstabilisant, mais cela capte notre attention. Les meilleurs cours sont ceux où je peux parler sans cesse, limite en dialogue avec les profs ! ^^

  2. Dominik dit :

    C’est évident que c’est beaucoup plus probable de rencontrer des québécois en France vu la proximité des deux cultures, mais j’étais tout de même heureux d’entendre de temps à autre le bon vieil accent québécois quand j’étais là-bas. C’était un plus que l’une des étudiantes en échange était originaire d’Aylmer…

    Apparemment, les gens d’Aylmer aiment voyager!

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