Arts et spectacles
Bien que je sois redescendue sous des latitudes plus chaudes, mon arrivée à New Delhi fut comme une bouffée de fraîcheur dans mon voyage. En effet, de toute les villes indiennes que j’ai eu l’occasion de visiter jusqu’à présent, il s’agit de la plus « moderne ». Même s’il y a presque autant d’habitants à New Delhi qu’à Kolkata, puisque la superficie de la ville est beaucoup plus grande on y ressent moins la surpopulation qui peut être si oppressante ailleurs en Inde. Les Britanniques, qui voulait faire de cette ville la nouvelle capitale de l’Empire Britannique des Indes, ont tracé en grande partie le plan de la cité, de sorte qu’elle est beaucoup plus ordonnée que d’autres. De plus, on ne retrouve pas à New Delhi d’abris de fortune et de tentes, car ils sont davantage concentrés dans la partie plus ancienne de la ville, le « Old » Delhi, construite bien longtemps avant le « New ».
Dans cette ville, j’ai été accueillie à l’appartement de Sonia, une employée de SOPAR, et de son amie Dali. Sonia et Dali sont venues en Inde afin de se perfectionner en Kathak, une danse traditionnelle du Nord de l’Inde. J’ai donc eu droit à des spectacles « privés », pendant leurs répétitions, et elles m’ont permis de les accompagner à un récital offert en l’honneur d’un des plus grands artistes de l’Inde : Pt. Birju Maharaj.
Le Kathak est bien plus qu’une simple danse : c’est un exercice autant musical que corporel où les danseurs (conteurs) miment des textes sacrés. Des plus grands mouvements des bras et des jambes, au moindre déplacement ou hochement de la tête, jusqu’à la direction du regard, tout a une signification bien précise. Afin d’ajouter un élément rythmique à la danse, on fixe des rangées de clochettes aux chevilles des danseurs, et ces derniers produisent des claquements secs de la plante du pied. La danse engendre ainsi une musique qui est propre à chaque groupe de danseurs. Les danses les plus populaires rappellent l’histoire de divers « Dieux » hindous, ou parfois retrace des scenes de la vie courrante. Le spectateur averti reconnaît dans un petit geste de la main le Dieu Shiva qui joue de la flute, un arbre qui se balance dans le vent, un animal mythique comme le paon, symbole de l’Inde, ou encore un homme qui courtise une femme. Les variations sur un même thème sont infinies.
L’enchaînement de mouvements apparemment simples et de mouvements plus compliqués, le rythme produit par les clochettes, les claquements de pied et la musique des instruments typiquement indiens se combinent pour créer un ensemble absolument envoûtant qui est très impressionnant, même pour le néophyte. Pour devenir un danseur de Kathak accompli il faut, en plus de savoir danser, savoir jouer la comédie et chanter à la perfection. Pour certaines danses, il faut d’abord présenter le « rythme » sur lequel les pas seront exécutés. Cette danse traditionnelle demeure très populaire en Inde et on l’intègre souvent aux films à succès de Bollywood, quoique dans ce cas le sens symbolique de la danse soit complètement évacué au profit de son aspect strictement visuel.
Posté le 21 mars 2008 dans la catégorie General par Dæmonia.
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