En foret

Encore une fois, j’ai eu un doute sur le moyen de transport que j’avais choisi. Était-ce vraiment judicieux de prendre l’autobus plutôt que le train? Bien sûr, c’était moins cher et plus pratique, mais du point de vue confort et sécurité, on repassera. Premièrement, cet autobus est une véritable machine à vibrations et l’espace manque cruellement; deuxièmement, la durée du trajet est tout aussi longue si l’on tient compte des nombreux arrêts pour prendre le thé (« chai ») et pour le dîner (soit une durée totale de 8 heures); et troisièmement, le conducteur conduit conformément aux règles de conduite indiennes (voir l’un de mes premiers articles), et ce, malgré le fait que les routes sont particulièrement étroites, dans un piteux état, et que le moindre dérapement risque de nous expédier au bas de la montagne, par la voie la plus directe, à plusieurs centaines de mètres en contrebas. Étant assise près de la fenêtre, je peux vous assurer que je surveillais le bord des précipices de très près! Je suis néanmoins arrivée à destination en un seul morceau, et j’en remercierai les Dieux indiens dans le prochain temple que j’aurai l’occasion de visiter… Neanmoins, je me suis rendue, et en un seul morceau – c’est l’important, n’est-ce pas ?…

De plus, j’ai enfin pu d’apercevoir cette fameuse « Inde sauvage », celle de Kipling, dont je commençais sérieusement à douter de l’existence. En effet, comment des animaux tels que des tigres ou des éléphants pourraient-ils vivre en liberté dans un pays ou même les montagnes semblent être surpeuplées? Il est vrai que j’avais effectué de nuit la plus grande partie du trajet entre Hyderabad et Kolkata, ainsi qu’entre Kolkata et Siliguri. Les inconforts de ce long trajet en autobus en valaient donc la peine, car j’ai finalement eu l’occasion de voir certains des plus beaux paysages sauvages de mon voyage. La superbe (bien que quelque fois un peu effrayante) vallée sous Darjeeling, la jungle luxuriante, des rivières époustouflantes, ainsi que de véritables armées de singes!

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