Khajurâho : au dela de l’érotisme
Mon expérience de voyage à Khajurâho n’a vraiment commencé qu’au moment d’une rencontre fortuite dans un autobus.
Je venais de passer une courte nuit en train et, dès mon arrivée à Jhansi, j’ai eu maille à partir avec un conducteur de rickshaw. Plutôt que d’accepter de me conduire à la station d’autobus comme je lui demandais, le conducteur a insisté pour me reconduire lui-même en taxi à Khajurâho pour la somme de 1 500 rps. Selon lui, et selon un ami qu’il avait fait monter au passage à bord de son rickshaw pour l’aider à me convaincre, je ne pourrais pas prendre l’autobus puisque que je n’avais pas de réservation et, même si j’y parvenais, le trajet serait épouvantablement inconfortable et beaucoup trop long. En fait, ils ont tellement insisté pour que je fasse tout le trajet dans leur taxi que j’ai décidé de sortir du véhicule et de retourner à la station de train à pied. À cet endroit, j’ai rencontré un groupe de touristes qui, même s’ils parlaient surtout le turc, auraient accepté volontiers de m’amener avec eux, mais comme ils ne se rendaient pas directement à Khajurâho, ils me débarquèrent à la station d’autobus publique (qui était quand même a une certaine distance de la).
C’est à la station d’autobus que j’ai fait la rencontre de deux Français, dont l’un venait récemment d’immigrer au Québec. Ils étaient déjà assis dans l’autobus lorsque j’y suis montée. Soit dit en passant, il n’y avait nullement besoin d’avoir une réservation pour prendre l’autobus et le billet ne coûtait que 100 rps. Pour être honnête, il est vrai que le déplacement a été long et inconfortable, mais je l’ai à peine remarqué, tellement j’étais heureuse de parler en français avec ces nouveaux compagnons de voyage qui avaient les mêmes destinations que moi, c’est-à-dire Varanasi et Khajurâho.
Khajurâho est une petite ville qui est située à l’écart des grands centres et qui est difficilement accessible. Sa principale source de revenus est l’afflux saisonnier de touristes, ce qui explique pourquoi autant d’Indiens de cette ville maîtrisent un nombre impressionnant de langues, dont l’anglais, le français, le russe et le japonais. L’approche qu’ils ont envers les touristes est également beaucoup plus agréable. De façon générale, ils se montrent plus patients qu’insistants. Ils ne réclament pas d’argent au moindre service, ce qui leur vaut d’ailleurs généralement une meilleure récompense ou une plus grande vente. En outre, les hôtels les mieux situés sont aussi les plus abordables, et de plus ils sont propres et très confortables. En résumé, la ville de Khajurâho m’a offert un répit bien apprécié après le tumulte des villes d’Agra et de Jaipur!
Un autre attrait de cette ville est qu’elle se laisse agréablement découvrir à vélo. J’ai passé la première journée à visiter des temples situés dans le sud et l’ouest de la ville, car ils sont un peu moins courus par les touristes. En ce qui a trait aux temples les plus connus, il vaut mieux se lever tôt pour éviter de se retrouver coincée dans la foule des groupes touristiques! La ville compte encore de nos jours un nombre particulièrement impressionnant de temples hindous et jain. À une certaine époque, il y en aurait eu plus de 80! En plus des temples encore debout, on peut voir dans la campagne environnante des traces d’anciens temples, sous la forme de ruines ou de talus partiellement excavés. On remarque également que bon nombre de maisons ont été construites en partie à l’aide de pierres provenant de temples.
La notoriété de la ville de Khajurâho provient en grande partie des sculptures à caractère érotique explicite que l’on retrouve dans certains de ses temples. Il ne faudrait toutefois pas croire que l’érotisme constitue le principal sujet des sculpteurs. S’il est vrai que les représentations de femmes dénudées aux formes voluptueuses sont omniprésentes, les scènes sexuelles explicites sont quand à elles plutôt rares et elles ne constituent pas le thème essentiel. Les murs tant extérieurs qu’intérieurs de ces temples à l’architecture effilée présentent un foisonnement de sculptures de tous genres et de toutes tailles qui représentent des Dieux, des animaux sacrés, des scènes de maternité ou de guerre, ou encore des motifs abstraits entrelacés… En soi, le simple fait de voir autant de temples réunis dans un espace aussi rapproché est déjà très impressionnant.
Posté le 24 mars 2008 dans la catégorie General par Dæmonia.
Commentaires: 2
vive le scepticisme envers les conducteurs de taxi trop insistant.
Ça peut permettre de belle rencontre par la suite ^^.
«Allez, viens, mononc’ te fera pas mal…»
D’autant plus que tu n’as aucune idée où sa mauvaise foi t’aurais amenée, alors… dans ses dents
Tu es mieux d’avoir de belles photos de ces temples, hen!