Varanasi, ville sainte
J’ai visité la ville de Varanasi (aussi connue sous le nom de Bénarès) un peu par hasard, ou par chance. J’avais décidé de passer encore un peu de temps en Inde et j’hésitais entre les villes de Khajurâho et de Bîkaner. C’est l’agent de voyage à qui je m’étais adressée qui m’a conseillée (ou plutot imposer sans trop me demander mon avis) de prendre un billet de train à destination de Varanasi.
Varanasi est sans doute l’une des villes les plus sacrée de l’Inde. J’étais un peu appréhensive à l’idée de me rendre dans cette ville, car selon la littérature et les photos que j’avais vus, l’endroit semblait épouvantablement surpeuplé, et on n’y ménageait pas les avertissements contre les pickpockets et les rabatteurs d’hôtel, supposément plus agressifs et menteurs qu’ailleurs. Néanmoins, on peut difficilement concevoir un voyage en Inde sans une visite au Gange, un des fleuves le plus sacré (et malheureusement aussi le plus pollué) du monde. Je me suis finalement dit, qu’au pire des cas, je ne passerai qu’une seule nuit dans cette ville.
Heureusement, mes craintes ses sont avérées non fondées. Varanasi est une ville superbe. S’il est vrai que les ghâts, les escaliers menant aux rives du Gange que les Indiens utilisent pour aller se baigner dans le fleuve, deviennent effroyablement encombrés lors des cérémonies religieuses, le reste du temps ces endroits sont étonnamment calmes. Les hôtels, nombreux et relativement peu chers, offrent presque tous une vue sur le fleuve, un toit ou un restaurant terrasse avec vue panoramique. Le Gange, dont les dimensions sont véritablement impressionnantes, présente un étrange contraste entre ses deux rives. Sur l’une d’elles se trouvent d’innombrables escaliers (les ghâts), des ports, des hôtels, des temples à l’architecture soignée, alors que sur le côté opposé, on ne voit qu’une immense étendue de sable vide, ainsi que quelques rares touristes.
On peut visiter la ville de deux façons radicalement différentes, soit en longeant le fleuve par les ghâts, soit en se promenant dans les ruelles. La première méthode offre une vision simple et calme de la ville. La plupart des hôtels possèdent un escalier qui descend jusqu’aux berges du fleuve majestueux, il est très facile de s’y retrouver, l’espace est dégagé et on peut s’y balader en toute tranquillité. Il est aussi possible de louer une barque pour vraiment experimenter le fleuve.
L’autre méthode offre une vision tout à fait différente de la ville. Les ruelles étroites et surpeuplées semblent avoir été construites dans l’anarchie la plus totale et elles constituent un véritable labyrinthe. Se rendre d’un hôtel à l’hôtel voisin en empruntant les ruelles constitue un véritable exploit! À chaque détour, nous attend une nouvelle surprise. Un quartier musulman huppé côtoie des immeubles en ruines qui témoignent d’une misère extrême; dans la rue suivante, on peut tomber nez à nez avec un énorme buffle qui se balade librement malgré l’espace restreint; plus loin, on aperçoit des magasins surveillés de près par des militaires armés et en uniforme, qui affichent malgré tout un air nonchalant; derrière cet autre mur, on découvre une fabrique de saris où des enfants travaillent côte à côte avec des adultes.
Avec ses côtés plus sombres, et ses cotes plus mystique, Varanasi semble etre un veritable concentrée de la vie indienne: difficile, cruelle et sans merci; mais aussi remplie de charme, de mystère et de beaute a couper le souffle.
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mars 26th, 2008 at 2:29
«un des fleuves le plus sacré (et malheureusement aussi le plus pollué) du monde»
On dit que le nouveau Dieu c’est l’argent… alors cette rivière sacrée reflète bien le capitalisme.
mars 27th, 2008 at 0:45
Wow, je crois bien que ça aurait été un de mes arrêts dès le départ si j’étais à ta place, si tu le décris comme ça!
mars 27th, 2008 at 0:54
En effet, c’est la ville de depart de nombreux touristes. Ils font ce qu’on appelle le “triangle d’or”: New Delhi, Varanasi, Agra, Jaipur, puis retour a New Delhi (il y a parfois des variantes, en ajoutant Khajuraho ou en remplacant Jaipur par Udaipur). De ce fait, c’est le meilleur endroit pour rencontrer des partenaires de voyage!
septembre 19th, 2008 at 4:24
Bonsoir, je suis fasciné par cette ville…surtout par tout le côté mystique et sacré qui l’entoure…votre récit dégage beaucoup d’authenticité…ce fut un délice de vous lire, on se laisse transporter là bas… le temps d’un instant…merci
Bien à vous
Arthur