Départ pour l’Europe

Curieusement, je suis plutôt appréhensive à l’idée de quitter l’Inde pour me rendre en Europe et réintégrer ainsi le monde occidental. Il faut dire que je m’étais bien préparée à ce voyage en Inde. Je savais que les conditions dans ce pays sont difficiles et qu’il faut être continuellement sur ses gardes et se méfier de l’eau, de la nourriture et de certains types de personnes. Je savais que je devais m’adapter à une culture radicalement différente de la mienne, et que je devais constamment surveiller mon comportement. Par conséquent, c’était facile de me couper de la population et de me sentir moins concernées par les comportements que je pouvais observer. Par contre, en Europe, une telle différenciation risque d’être impossible. Me retrouverais-je confronté a mes propres défauts dans ces pays?

Pour un étranger, malgré les clivages très nets entre les différentes couches de la population et entre les diverses cités et communautés, la société indienne semble former un tout très homogène. Les hommes et les femmes ont tous les cheveux noirs, les yeux bruns et la peau foncée. Chaque Indien est conscient de la place qu’il occupe dans la société et il ne cherche pas à en sortir. Poser à un Indien une question qui ne relève pas de sa responsabilité et il vous renverra aussitôt à son supérieur, et cela, même s’il connaît sans doute la réponse.

Dans une telle société, il est impossible pour les étrangers de passer inaperçus. D’ailleurs, les touristes occidentaux se reconnaissent inévitablement et ont tendance à se regrouper pour s’entraider, formant presque leur propre communauté au sein de la société indienne.

Dès ma descente d’avion à Amsterdam, je subis tout un choc. L’aéroport présente une telle diversité : des personnes de tous âges et de toutes tailles aux cheveux blonds, bruns, roux, gris. On peut voir des gens de toutes les classes sociales qui forment un tout indistinct, où personne ne semble se soucier des autres et encore moins vouloir les aider. On s’étonne toutefois du fait que je voyage seule.

Même si je suis toujours à l’étranger, je me sens déjà davantage chez moi. Plus besoin de se battre dans des files d’attente chaotiques, chacun attend bien sagement son tour en tenant un petit billet numéroté à la main et en surveillant le tableau d’affichage. Les préposés à l’information vous répondent avec empressement et efficacité, sans vous faire répéter cinq ou six fois, et ce, même lorsque les questions sortent un peu du champ de leurs responsabilités. De plus, comble de joie, les épiceries contiennent de la nourriture que je reconnais instantanément : fromage, alcool, yogourt aux fruits, pudding, biscuits autres que pour le thé et… du chocolat! Je tombe pratiquement à la renverse devant l’étalage d’une telle variété de tablettes de chocolat. En Inde, il n’y avait que des Dairy Milk ou des Kitkats fondues. J’ai besoin de toute ma volonté pour me convaincre qu’une dizaine de boîtes de chocolat ne pourraient d’aucune façon constituer un repas équilibré!

Une réponse to “Départ pour l’Europe”

  1. 4-2 dit :

    Woaw ça doit être un énorme changement!
    Et dire qu’avant on est habitué à ça.
    En tout qu’à VIVE LE CHOCOLAT! ¤__¤

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