Dans le port d’Amsterdam, il n’y a pas que des marins qui…
Me voici donc de retour à Amsterdam, pour la troisième fois… Mais là, j’ai bien l’intention de visiter autre chose que l’aéroport. En effet, je veux voir le port. Le fameux port d’Amsterdam si bien chanté par Brel.
Nous sommes débarqués du train à une heure du matin et comme nous n’avions pas l’intention de dormir dans cette ville, nous avons décidé de suivre la foule des jeunes qui circulaient encore en grand nombre dans les rues, malgré l’heure tardive. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans le quartier chaud de la ville : le fameux « Red Light District », qui doit probablement son nom aux néons rouges qui éclairent les vitrines.
J’étais très loin de m’attendre à un tel spectacle! Tout ce que je connaissais de cette ville, c’était ce que j’avais pu voir dans la bande annonce de l’avion, ou de la chanson de 1964… J’ignorais donc (bien que pour le premier, je m’en doutais bien) que dans cette ville, non seulement la prostitution et la marijuana sont tout à fait légales, mais qu’elles constituent en fait une énorme industrie qui s’affiche en toute liberté et surtout sans aucune pudeur. Détails dont ils s’étaient bien gardés de parler dans la bande-annonce de l’avion!
Dans ce « quartier rouge », les rues sont entièrement occupées par des boutiques aux larges vitrines où des femmes s’exhibent dans des vêtements aux courbes voluptueuses et aux vêtements très révélateurs – généralement simple bikini ou sous-vêtement minimalistes. Ces poupées de porcelaine grandeur nature font les yeux doux aux clients qui prennent bien le temps d’examiner la marchandise d’un œil critique avant de se décider à pousser la porte.
Les clients (en majorité des groupes hommes, mais il y a aussi de nombreux couples) sont de toutes les nationalités et ils discutent longuement du rapport qualité prix de telle ou telle belle de nuit. Selon mon guide du voyageur, que je n’avais feuilleté que d’un œil très distrait avant d’arriver sur place (et de façon beaucoup plus attentive par la suite!) les prix actuels sont d’environ 50 euros par période de quinze minutes.
Vers cinq heures du matin, la ville ralenti progressivement, les boutiques spécialisées cédant le pas aux autres beautés de la ville. Vers 11 heures, la ville a complètement changé de costume, elle est transformée. Le regard des très nombreux touristes se porte maintenant vers ses immeubles élégants, ses canaux et ses ponts magnifiques, ses petites rues envahies de piétons et de vélos. La partie touristique d’Amsterdam part du « Centrum », où se situe la gare ferroviaire, et elle s’étend en ondes progressives délimitées par les fameux canaux, ce qui fait vaguement penser à Venise. Lorsque l’on franchit le dernier canal, la ville change de nouveau de visage : les immeubles aux styles anciens cèdent progressivement la place à des immeubles à appartements plus carrés, les pavées disparaissent au profit de l’asphalte, et les vrais habitants d’Amsterdam, majoritairement des immigrants, remplacent les touristes.
J’ai ressenti la densité de la population beaucoup plus fortement ici qu’en Inde. En effet, il y a beaucoup de monde à Amsterdam, mais plutôt qu’une surpopulation stagnante comme en Inde, où les gens sont relativement immobiles dans leurs maisons, leurs rickshaws ou leurs boutiques, ici la population est mouvante, elle se déplace en masses compactes, et elle traverse la ville comme une véritable marée humaine.
La ville d’Amsterdam abrite aussi un musée du sexe (faut-il s’en étonner?). Mais n’allez pas croire qu’on y fait la part belle à l’érotisme et à la sensualité comme dans le musée du sexe à Paris. Ici, vous trouverez du sexe pur et dur, sans préliminaires, censure ni douceur. Adieu la tendresse, bienvenue la bestialité. Les images pornographiques s’alignent crûment, les unes à la suite des autres, et aucune forme de perversité n’est épargnée au regard du visiteur-voyeur. Vous ne trouverez dans ce « musée » aucune information sur l’histoire de l’érotisme, ni aucune exposition sur la sensualité dans l’art contemporain. Cet établissement ne s’adresse pas aux âmes romantiques ou le moindrement pudiques, mais je n’ai pu m’empêcher de remarquer qu’il semblait néanmoins beaucoup plus fréquenté que son homologue Parisien…
Posté le 7 avril 2008 dans la catégorie General par Dæmonia.
Commentaires: 2
la lanterne rouge servait autrefois a repérer les bordels si mes souvenirs sont exacts
C’est quand même étonnant qu’il n’en parle pas dans la bande annonce de l’avion. Ça attirerait pourtant plein de monde il me semble XD.