Otan en emporte le vent…

8 avril 2008 par Dæmonia

Lorsque l’on ne planifie pas un voyage dans ses moindres détails, on se réserve bien sûr de belles surprises, mais on s’expose également à certains contretemps. Nous avions établi l’objectif : la mer Noire, où du moins la destination la plus à l’Est que le temps (et notre passe de train) nous permettrait d’atteindre. Pour ce qui est de l’itinéraire et de la durée de nos arrêts dans chaque ville, nous avions préféré nous en remettre à l’inspiration du moment. Oui mais voilà, cette stratégie ne nous permettait pas de tenir compte des divers festivals, congés fériés ou autres événements de l’actualité susceptibles de contrarier nos projets.

Passons sur le cas de la Suisse où des voyageurs mieux informés auraient sans doute su que pratiquement tout est fermé le dimanche. Ce n’était pas planifié, mais ça a définitivement ajouté au charme de notre visite là-bas, puisque nous n’étions pas importunés par la foule ou les autres touristes. Après tout, nous n’avions pas de sites particuliers à visiter et nous avons pu jouir de la tranquillité des rues presque désertes, entendre le son des carillons en provenance des nombreux clochers d’église et observer les passants endimanchés qui revenaient de la messe.

La ville de Bucarest nous réservait toutefois une surprise d’un tout autre ordre. Déjà dans le train, alors qu’on contrôlait nos passeports pour la troisième fois et que l’on fouillait nos bagages pour la deuxième fois (alors que nous n’étions même pas descendus du train!), nous avons commencé à ressentir un certain malaise. À la sortie de la gare, deuxième choc, il y avait des policiers partout! À chaque intersection nous pouvions en compter entre quatre et dix; les rues étaient étonnamment désertes, lorsqu’elles n’étaient pas carrément interdites à toute circulation. Impossible de prendre la moindre photographie sans se faire dire que c’était strictement interdit. Impossible de s’arrêter un instant pour trouver notre chemin ou pour observer le paysage sans se faire avertir de circuler. Nous avons même eu droit à un nouveau contrôle de nos passeports et à une autre fouille de nos bagages, parce que nous nous étions simplement arrêtés pour consulter l’horaire de l’Opéra!

Ce n’est qu’en arrivant à l’hôtel que nous avons découvert le pot aux roses. Ceux qui suivent l’actualité de près auront sans doute compris que nous étions arrivés à Bucarest en plein Sommet de l’Otan!

Pour être franche, cette omniprésence policière, un temps grisâtre, de nombreux bâtiments en ruine, des rues et des trottoirs complètement défoncées, des habitants à l’allure plutôt misérable, l’absence de tout attrait touristique (accessible), tout cela m’a laissé une bien triste impression de la capitale de la Hongrie. Quelle déception après les splendeurs de Budapest, que nous venions tout juste de quitter!

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La reine du Danube

8 avril 2008 par Dæmonia

Mon coup de cœur parmi les villes européennes visitées depuis le début de ce voyage : Budapest! Je suis instantanément tombée amoureuse de cette ville. Construite sur les berges du majestueux Danube bleu, cette ville présente tous les charmes des autres belles villes européennes : architecture raffinée, rues pavées, propreté irréprochable et accès à tous les services modernes, mais, en plus, dans ce doux mélange de moderne et d’ancien, on sent déjà l’influence de la culture slave. Ses monuments anciens d’une grandeur et d’une splendeur incomparables sont mis en valeur par les reflets du fleuve ou l’éclairage nocturne. Les gens sont souriants, de charmantes boutiques se découvrent un peu par hasard sous l’intersection des rues, dans des chemins souterrains permettant de traverser les grandes artères sans soucis; les petits restaurants et les bars sympathiques. À notre grand étonnement, presque tout le monde à qui nous avons adressé la parole, de l’employé de gare au simple passant, pouvait s’exprimer dans un anglais fort convenable, avec un accent presqu’inexistant. De plus, le coût de la vie est inférieur à bien d’autres cités européennes. À notre plus grand regret, nous n’avons pu passer que quelques heures dans cette ville magnifique, juste de quoi nous mettre l’eau à la bouche, et nous avons dû reprendre notre course vers la mer Noire. Nous nous sommes toutefois promis de revenir à Budapest à la première occasion et, cette fois, d’y passer au moins quelques jours.

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Minutie et précision

7 avril 2008 par Dæmonia

Nous n’avons passé que quelques heures dans les paysages magnifiques de la Suisse, mais, sans doute parce que nous les recherchions, inconsciemment ou non, nous avons quand même eu le temps d’observer la plupart des stéréotypes associés à la Suisse. Le tic-tac omniprésent des horloges, des pendules, des coucous et des montres de luxe, en vente partout et décorant toutes les églises, ainsi qu’une grande majorité de bâtiments; les fameux couteaux suisses, qui tiennent d’avantage de la boîte à outil complète que du couteau, avec lampe de poche et horloge intégrés; des paysages de montagnes époustouflants, etc. La Suisse m’a laissée l’impression d’un pays très chic, très propre et… très cher.

Au cours de la journée, nous avons visité deux villes : Zurich, la métropole, et Lucerne, une ville voisine réputée pour ses murailles médiévales. Ce qui est le plus remarquable dans l’architecture de ces deux villes, c’est la façon dont on a su harmoniser l’ancien et le moderne. Les deux styles se fondent l’un dans l’autre dans une parfaite continuité. Les ruelles suivent un parcours assez étonnants, elles se croisent toujours en lignes brisées, rarement à angle droit, et elles découpent ainsi des places aux formes les plus incongrues. Comme bien des endroits en Europe, les façades sont richement décorées; mais plutôt que de privilégier les fresques et les sculptures pour embellir les bâtiments, on les recouvre principalement de peintures très soignées et détaillées.

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Dans le port d’Amsterdam, il n’y a pas que des marins qui…

7 avril 2008 par Dæmonia

Me voici donc de retour à Amsterdam, pour la troisième fois… Mais là, j’ai bien l’intention de visiter autre chose que l’aéroport. En effet, je veux voir le port. Le fameux port d’Amsterdam si bien chanté par Brel.

Nous sommes débarqués du train à une heure du matin et comme nous n’avions pas l’intention de dormir dans cette ville, nous avons décidé de suivre la foule des jeunes qui circulaient encore en grand nombre dans les rues, malgré l’heure tardive. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans le quartier chaud de la ville : le fameux « Red Light District », qui doit probablement son nom aux néons rouges qui éclairent les vitrines.

J’étais très loin de m’attendre à un tel spectacle! Tout ce que je connaissais de cette ville, c’était ce que j’avais pu voir dans la bande annonce de l’avion, ou de la chanson de 1964… J’ignorais donc (bien que pour le premier, je m’en doutais bien) que dans cette ville, non seulement la prostitution et la marijuana sont tout à fait légales, mais qu’elles constituent en fait une énorme industrie qui s’affiche en toute liberté et surtout sans aucune pudeur. Détails dont ils s’étaient bien gardés de parler dans la bande-annonce de l’avion!

Dans ce « quartier rouge », les rues sont entièrement occupées par des boutiques aux larges vitrines où des femmes s’exhibent dans des vêtements aux courbes voluptueuses et aux vêtements très révélateurs – généralement simple bikini ou sous-vêtement minimalistes. Ces poupées de porcelaine grandeur nature font les yeux doux aux clients qui prennent bien le temps d’examiner la marchandise d’un œil critique avant de se décider à pousser la porte.

Les clients (en majorité des groupes hommes, mais il y a aussi de nombreux couples) sont de toutes les nationalités et ils discutent longuement du rapport qualité prix de telle ou telle belle de nuit. Selon mon guide du voyageur, que je n’avais feuilleté que d’un œil très distrait avant d’arriver sur place (et de façon beaucoup plus attentive par la suite!) les prix actuels sont d’environ 50 euros par période de quinze minutes.

Vers cinq heures du matin, la ville ralenti progressivement, les boutiques spécialisées cédant le pas aux autres beautés de la ville. Vers 11 heures, la ville a complètement changé de costume, elle est transformée. Le regard des très nombreux touristes se porte maintenant vers ses immeubles élégants, ses canaux et ses ponts magnifiques, ses petites rues envahies de piétons et de vélos. La partie touristique d’Amsterdam part du « Centrum », où se situe la gare ferroviaire, et elle s’étend en ondes progressives délimitées par les fameux canaux, ce qui fait vaguement penser à Venise. Lorsque l’on franchit le dernier canal, la ville change de nouveau de visage : les immeubles aux styles anciens cèdent progressivement la place à des immeubles à appartements plus carrés, les pavées disparaissent au profit de l’asphalte, et les vrais habitants d’Amsterdam, majoritairement des immigrants, remplacent les touristes.

J’ai ressenti la densité de la population beaucoup plus fortement ici qu’en Inde. En effet, il y a beaucoup de monde à Amsterdam, mais plutôt qu’une surpopulation stagnante comme en Inde, où les gens sont relativement immobiles dans leurs maisons, leurs rickshaws ou leurs boutiques, ici la population est mouvante, elle se déplace en masses compactes, et elle traverse la ville comme une véritable marée humaine.

La ville d’Amsterdam abrite aussi un musée du sexe (faut-il s’en étonner?). Mais n’allez pas croire qu’on y fait la part belle à l’érotisme et à la sensualité comme dans le musée du sexe à Paris. Ici, vous trouverez du sexe pur et dur, sans préliminaires, censure ni douceur. Adieu la tendresse, bienvenue la bestialité. Les images pornographiques s’alignent crûment, les unes à la suite des autres, et aucune forme de perversité n’est épargnée au regard du visiteur-voyeur. Vous ne trouverez dans ce « musée » aucune information sur l’histoire de l’érotisme, ni aucune exposition sur la sensualité dans l’art contemporain. Cet établissement ne s’adresse pas aux âmes romantiques ou le moindrement pudiques, mais je n’ai pu m’empêcher de remarquer qu’il semblait néanmoins beaucoup plus fréquenté que son homologue Parisien…

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Voyage en bande-annonce

7 avril 2008 par Dæmonia

Est-il possible de prendre le pouls d’une ville ou d’un pays en quelques heures seulement? C’est le défi que nous nous sommes lancés, mon ami et moi. J’ai eu à peine le temps de déposer mes sacs et de faire une courte visite de la ville de Brême, que déjà je dois refaire mes bagages pour de prochaines destinations.

Munis d’une passe de train à parcours illimité, sous tout le territoire Européen pour une période de dix jours non consécutifs, nous avons l’intention de visiter le plus grand nombre de pays possible d’ici lundi (mon compagnon de voyage devant retourner travailler ce jour-là), même si nous devons nous restreindre à ne passer que quelques heures dans chacun. Notre objectif? Atteindre la mer Noire! Tout un programme en perspective.

Au cours de la première fin de semaine, nous avons déjà pu rejoindre Amsterdam (Pays Bas), ainsi que dans les villes de Zurich et de Lucerne (Suisse), avant de revenir à Brême quelques heures avant l’heure d’aller travailler. Nous sommes reparti la nuit même.

Le reste du voyage à été improvisé sur le tas, notre prochaine destination étant souvent décidée – puis changée régulièrement – à l’intérieur même du train. Finalement, nous avons fini par nous arrêter dans les villes de Munich (Allemagne, pour une durée de 2 h 30), de Budapest (Hongrie, pendant 5 h), de Bucarest (Roumanie, pour une nuit) et de Constanta (2 h, toujours en Roumanie), et de finalement de Vienne (en Autriche, pour une durée de 5 h).

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