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Je me suis fait demander, par un de mes amis français, si les Indiens sont raciste envers les étranger. J’ai du lui avouer que la réponse s’est imposée d’elle-même dès les premiers jours :: loin d’être xénophobes, les Indiens sont plutôt tendance a être xénophiles!

Les Indiens sont carrément fascinés par les étrangers. Ils sont incroyablement accueillants et, surtout, très curieux. Lorsque nous allons visiter un temple ou une attraction touristique, c’est immanquablement nous qui devenons le centre d’attention, et tous les appareils photos se tournent vers nous! En moins de cinq minutes, les questions se mettent à fuser de toutes parts : d’où venons-nous? quel est notre emploi? depuis combien de temps sommes-nous ici et pour combien de temps? Quel est le salaire de nos parents? etc. De plus, les Indiens tiennent beaucoup à nous serrer la main, alors que ce type de salutation n’est pas du tout en usage entre eux. Ils nous invitent également souvent à venir visiter leurs écoles, leurs maisons ou la ville en leur compagnie.

Il est intéressant de noter que se sont presque toujours les hommes et les enfants qui nous adressent la parole, jamais les femmes. De plus, parmi notre petit groupe, les hommes adressent d’abord la parole à Guillaume : ils ne se tournent vers Ashley et moi qu’après avoir engagé la conversation avec lui. Néanmoins, lorsque nous saluons les femmes, ces dernières nous gratifient d’un sourire exceptionnellement beau, et surtout, très sincère.

Des enfants curieux...
...et des vendeurs aussi!

(Encore une fois, vous me pardonnerez l’absence occasionelle des accents…)

En fin de semaine, nous avons quitte la “petite” ville de Warangal afin de visiter la grande cite: Hyderabad. En effet, malgré ses 2.8 milions d’habitants, la ville de Warangal est considérée comme une ville de taille moyenne, subsistant principalement grâce a l’agriculture. Par conséquent, aller visiter une ville telle que Hyderabad, avec ses 6.1 million d’habitants, est une toute autre aventure!

Nous avons donc loué un chauffeur pour la durée de notre périple : le transport jusqu’à Hyderabad, nos déplacements sur place ainsi que le voyage de retour. Le tout nous as coûté une vingtaine de dollars chacun.

Après un voyage un peu plus long que prévu (le trajet, ponctué de détours parfois incompréhensibles, a pris quatre heures plutôt que deux), nous sommes finalement arrivés à notre hôtel qui, soit dit en passant, était tout à fait convenable pour le prix demandé. Afin de nous changer un peu de la nourriture indienne, nous avons choisi de manger dans un restaurant chinois.

Charminar

Le trajet en voiture ayant pris la plus grande partie de notre première journée, il nous restait peu de temps pour visiter. Nous sommes passés rapidement dans Charminar, quartier hautement touristique, avant de nous diriger vers l’ancienne cite de Golkonda.

Un apercu de Golkonda

Le lendemain, nous avons passé rapidement dans HITEC City », et même si nous n’avons pu que l’entr’apercevoir, nous avons néanmoins constaté que ce lieu était très différent de tout ce que nous avons pu voir jusqu’à présent. Des rues d’une propreté étincelante, des immeubles à l’allure futuriste, des employés en veston cravate et, à quelques minutes de marche seulement, de grands immeubles locatifs qui semblent respirer le neuf et le luxe. L’ensemble contraste cependant lourdement avec les campements de fortune installés juste de l’autre côté de la rue…

Condos de luxe, etabli en face d'un campement de fortune

Notre chauffeur nous a ensuite conduit dans un petit marché adjacent. En fait, il s’agissait plutôt d’une sorte de parc privé ou de nombreux marchants peuvent venir offrir leurs produits artisanaux : des foulards de cachemire, des saris en soie véritable, des tapis persans, des sculptures en bois, en pierre ou en marbre… Ici, pas de mendiants, et une population beaucoup plus clairsemée! Sans le stress causé par les voitures et la surpopulation, nous avons eu tout le loisir d’admirer la beauté et l’incroyable diversité de l’artisanat indien. Nous avons cependant dû résister à la grande insistance des vendeurs qui ne voulaient que « juste montrer, rien acheter, juste regarder… »). Heureusement, la plupart des marchants n’acceptaient que de l’argent comptant, et c’est sans doute ce qui nous a tous sauvés de la ruine!

Carillons
Un peu d'artisanat
Tapis
Lamas
Jeux de societe en bois

Nous avons finalement fait un arrêt près du lac Hussain Sagar, un lac artificiel de 24 kilomètres de long construit en 1562, avant de reprendre la route vers notre Chez Nous indien : Bala Vikasa.

Malheureusement, aucun des nombreux vaccins pris avant mon depart ne pouvaient me proteger de ces petits envahisseurs que sont les moustiques. Dès l’instant ou je sors de ma chambre, ils semblent avoir un flair infailible pour trouver LA place ou j’aurais oublié de mettre du chasse-moustique, ne serais-ce que le bout d’un orteil ou l’arrière d’une oreille. Et n’allez surtout pas croire qu’ils sont moins actifs le jour! À ce rythme, j’ai bien peur d’être à court de chasse-moustique très bientot!

Avant notre arrivée en Inde, on nous avait prévenus qu’il fallait se préparer mentalement à faire face à la mendicité, omniprésente dans ce pays. En fait, il faut littéralement dresser un mur mental afin de résister à la tentation de donner de l’argent à un mendiant, car ce dernier sera aussitôt remplacé par des dizaines d’autres. En outre, on nous a prévenus que ces dons ne profitent généralement pas aux mendiants qui les reçoivent, mais plutôt à ceux qui les forcent à mendier, un peu à la manière des proxénètes dans le domaine de la prostitution.

À l’occasion de nos visites en ville, nous avons eu l’occasion de constater par nous-mêmes l’ampleur du problème de la mendicité. Il est en effet pratiquement impossible de se promener en ville sans se faire aborder par une pauvre femme avec un bébé dans les bras, ou par une jeune fille qui tend un petit pot. Les mendiants nous abordent, ils nous suivent, ils nous tirent par le bras et nous harcèlent pour qu’on leur donne quelques roupies, et si nous cédons à leurs demandes, ils sont immédiatement remplacés par d’autres.

Une autre chose qu’il faut savoir lors des sorties en ville, c’est qu’il ne faut jamais laisser voir que l’on transporte un appareil photo. En effet, les Indiens adorent se faire prendre en photo. Nous l’avons appris à nos dépens, vendredi soir, lorsque Guillaume, Ashley et moi avons voulu aller voir une partie de criquet, le sport national en Inde. Lorsque les joueurs ont aperçu nos appareils numériques, ils ont aussitôt arrêté de jouer pour venir nous parler et pour nous demander de les prendre en photo! En fait, nous avons dû poursuivre notre route, car ces gaillards n’avaient pas du tout l’intention de recommencer à jouer tellement ils préféraient poser pour les caméras!

Il est carrément stupéfiant de constater à quel point les Indiens aiment qu’on leur porte attention. Nous avons pu le constater en passant devant un campement situé tout près du bord de la route. Les gens de ce campement vivent dans des tentes de fortune et il est évident qu’ils n’ont qu’un maigre repas à partager entre toutes les bouches à nourrir. C’est pourquoi, lorsque nous avons vu des femmes portant des bébés s’approcher de nous, nous avons tout de suite pensé qu’elles allaient nous quémander de l’argent. Mais non! Elles voulaient elles aussi qu’on les prenne en photo! Que nous posions leurs bébés, que nous prenions des poses individuelles, des enfants, des poses de la famille au complet, etc. La séance de photographie a duré plus d’une dizaine de minutes. Un jeune garcon m’a donner une interpretation très convaincante de la chanson « Who let the dogs out » pendant que je le posais! Ils nous ont ensuite demandé quand nous allions revenir pour prendre encore plus de photographies, et si nous pouvions aller a leur ecole afin de photographier leurs amis! Je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises en Inde…

Nos joueurs de criquets
Ashley, prisonniere du campement en bord de route...

Faites-moi plaisir, la prochaine fois que je voudrai aller magasiner pour acheter des saris ou des Salwar Kameez, retenez-moi de force à la maison… Peu après mon arrivée en Inde, j’avais mentionné que j’aimerais bien m’acheter un sari, mais que je ne pensais pas pouvoir le faire seule, car j’ignorais tout du juste prix d’un tel vêtement, de la façon de juger de sa qualité, de l’endroit où se le procurer ou même de la façon de le porter. Afin de calmer mes inquiétudes, le directeur du Centre (Shuri) a donc suggéré que sa femme pourrait m’accompagner, une fois le festival terminé. J’ai évidemment accepté son offre avec plaisir.

Nous voici donc en route pour une séance de magasinage au centre-ville, à 8 h du soir. Pour nous rendre, nous utilisons la voiture officielle du Centre, une grande wagonnette grise, qui est un moyen de locomotion autrement plus rassurant que les auto-rickshaws que nous avions utilisés jusque-là. Depuis la fin du festival, les rues sont un peu moins achalandées, mais c’est bien relatif, car après tout nous sommes en Inde! C’est dire que nous étions très heureuses d’être accompagnées d’une Indienne, car je pense que nous n’aurions même pas réussi à traverser la rue sans elle.

Nous entrons donc dans un grand magasin où nous découvrons des étagères remplies de pièces de tissus multicolores, bien pliées et bien rangées. De chaque côté du magasin, un long comptoir, devant lequel se trouve une longue rangée de chaises, séparant les clients des vendeurs. Sunny nous explique que les saris sont rangés en fonction de leur prix : les plus chers, ainsi que les saris de mariage et de cérémonie, sont placés tout à l’avant du magasin, et plus l’on pénètre à l’intérieur, plus les prix baissent. Lesdits prix variant entre 8 et 8 000 dollars! Au deuxième étage, on trouve les Salwar Kameez (en) : une sorte de longue tunique que l’on porte par dessus des pantalons et que l’on assortit à un châle.

Nous prenons place sur une chaise située près du fond du magasin où des vendeurs viennent immédiatement nous rejoindre. Ils s’activent aussitôt à nous montrer un sari après l’autre en nous laissant à peine quelques secondes pour les voir avant d’en empiler de nouveaux par-dessus. Ashley trouve ces vêtements tellement beaux qu’elle regrette rapidement sa décision de ne rien acheter. Il faut toutefois se méfier des vendeurs qui ont naturellement tendance à vous offrir les vêtements les plus dispendieux, en augmentant graduellement la valeur de ce qu’ils nous presentent. En fait, il est possible de s’offrir un très beau sari pour environ 20 $ (environs 765 roupies).

Après avoir vu défiler une quantité incroyable de pièces de tissus plus beaux les uns que les autres, je parviens finalement à arrêter mon choix sur deux saris roses (ai-je bien dit rose?), j’ai sans doute été victime d’une attaque soudaine de daltonisme, car je n’ai jamais aimé les vêtements roses. Il faut toutefois avouer que ces saris étaient vraiment magnifiques! Nous nous rendons ensuite au deuxième étage pour admirer les Salwar Kameez. On nous offre deux possibilités : en acheter des prêts à porter ou choisir les tissus nécessaires à leur fabrication. Je choisis la première option, et le bal des empilages de tissus recommence.

J’hésite un peu entre un ensemble très coloré et un autre d’un bleu pale uniforme, mais je me décide rapidement pour le second. Je craque également pour un deuxième ensemble de couleur noire que me recommande notre accompagnatrice. C’est donc le cœur joyeux, les mains pleines de trésors et… le portefeuille léger que je ressors du magasin. Il ne me reste plus qu’à apprendre comment porter le sari!

Pour ceux qui attendent des photos, relisez la derniere phrase : je ne sais pas encore comment porter les saris, et de plus il me manque le choli (en) qui les accompagnent. Ca devra donc attendre!

Les vendeurs et Sunny, devant le rayon des femmes
Le rayon des hommes... remarquer la difference de couleur!