Archive for mars 2008

Trois nouveaux articles ont été publié aujourd’hui, ne les manquez pas! Encore une fois, vous devez commencez par le plus bas (« Quelque part dans le monde ») et remonter la chronologie jusqu’à celui-ci.

Pour ceux qui se demande ou je suis en ce moment, je suis a Brême, en Allemagne. Entrain de faire mes bagages pour la Hongrie et la Roumanie!

Curieusement, je suis plutôt appréhensive à l’idée de quitter l’Inde pour me rendre en Europe et réintégrer ainsi le monde occidental. Il faut dire que je m’étais bien préparée à ce voyage en Inde. Je savais que les conditions dans ce pays sont difficiles et qu’il faut être continuellement sur ses gardes et se méfier de l’eau, de la nourriture et de certains types de personnes. Je savais que je devais m’adapter à une culture radicalement différente de la mienne, et que je devais constamment surveiller mon comportement. Par conséquent, c’était facile de me couper de la population et de me sentir moins concernées par les comportements que je pouvais observer. Par contre, en Europe, une telle différenciation risque d’être impossible. Me retrouverais-je confronté a mes propres défauts dans ces pays?

Pour un étranger, malgré les clivages très nets entre les différentes couches de la population et entre les diverses cités et communautés, la société indienne semble former un tout très homogène. Les hommes et les femmes ont tous les cheveux noirs, les yeux bruns et la peau foncée. Chaque Indien est conscient de la place qu’il occupe dans la société et il ne cherche pas à en sortir. Poser à un Indien une question qui ne relève pas de sa responsabilité et il vous renverra aussitôt à son supérieur, et cela, même s’il connaît sans doute la réponse.

Dans une telle société, il est impossible pour les étrangers de passer inaperçus. D’ailleurs, les touristes occidentaux se reconnaissent inévitablement et ont tendance à se regrouper pour s’entraider, formant presque leur propre communauté au sein de la société indienne.

Dès ma descente d’avion à Amsterdam, je subis tout un choc. L’aéroport présente une telle diversité : des personnes de tous âges et de toutes tailles aux cheveux blonds, bruns, roux, gris. On peut voir des gens de toutes les classes sociales qui forment un tout indistinct, où personne ne semble se soucier des autres et encore moins vouloir les aider. On s’étonne toutefois du fait que je voyage seule.

Même si je suis toujours à l’étranger, je me sens déjà davantage chez moi. Plus besoin de se battre dans des files d’attente chaotiques, chacun attend bien sagement son tour en tenant un petit billet numéroté à la main et en surveillant le tableau d’affichage. Les préposés à l’information vous répondent avec empressement et efficacité, sans vous faire répéter cinq ou six fois, et ce, même lorsque les questions sortent un peu du champ de leurs responsabilités. De plus, comble de joie, les épiceries contiennent de la nourriture que je reconnais instantanément : fromage, alcool, yogourt aux fruits, pudding, biscuits autres que pour le thé et… du chocolat! Je tombe pratiquement à la renverse devant l’étalage d’une telle variété de tablettes de chocolat. En Inde, il n’y avait que des Dairy Milk ou des Kitkats fondues. J’ai besoin de toute ma volonté pour me convaincre qu’une dizaine de boîtes de chocolat ne pourraient d’aucune façon constituer un repas équilibré!

Certains d’entre vous vous êtes peut-être demandés pourquoi j’avais appelé mon blogue « Quelque part dans le monde » plutôt que « Quelque part en Inde ». Et bien, c’est que l’Inde ne devait finalement représenter que la première étape des voyages que j’ai l’intention de vous raconter dans ce blogue.

En effet, à l’instar d’Ashley, qui m’en a inspirée l’idée en profitant de l’escale obligatoire à Amsterdam pour faire un petit détour par l’Angleterre, je profiterai de cette escale à Amsterdam pour visiter quelques pays européens avant de rentrer au Canada. Je prévois donc passer encore un mois environ à l’étranger avant de revenir au pays. J’ai plusieurs amis qui se trouvent présentement dans divers pays européens et je les ai prévenus par courriel que j’allais leur rendre prochainement une petite visite.

Ainsi, lorsque j’aurai fini de régler quelques tracasseries administratives en Inde, je prendrai la route de l’Europe. Ma première destination après Amsterdam sera la ville de Brême en Allemagne où un ami originaire de Montréal travaille présentement comme assistant professeur de francais. J’irai ensuite rendre visite à un couple d’amis Québécois qui font des études en Autriche. Je conclurai mon périple européen par la France où je serai heureuse de revoir des amis de longue date. Je tenterai également de prendre contact avec les voyageurs Français que j’ai rencontré en Inde et dont je vous ai parlé dans une chronique antérieure.

Ensuite, je reviendrai à Montréal, dans un grand Boeing bleu de mer, j’ai besoin de revoir… le printemps qui, probablement, aura su faire fondre toute cette neige descendue droit du Labrador… Bien entendu, ce ne sont là que des projets, et puisque je voyage léger, je me laisse facilement emportée par le vent qui souffle dans une direction ou une autre.

Me voici donc de retour à Hyderabad. C’est en effet de l’aéroport international de cette ville que je dois prendre l’avion pour Amsterdam. En principe, je ne devais passer que quelques heures à cet endroit, douze tout au plus. Et bien, j’ai appris sur place que le prochain vol que je pourrai prendre pour l’Europe ne partira que dans quatre jours! Même si ce délai vient un peu bouleverser les plans que j’avais faits pour l’Europe, je suis néanmoins heureuse d’avoir l’occasion de boucler la boucle de mon voyage en Inde en revisitant ma ville de départ.

Mon premier choc est de constater que cette ville me semble beaucoup plus calme et moins trépidante que la première fois. Il faut dire que je peux maintenant faire la comparaison avec d’autres mégapoles indiennes. En outre, je choisis volontairement de me tenir à l’écart des secteurs les plus touristiques de la ville. Je me rends donc à Secunderabad, une ville plus ancienne qui a été annexée à Hyderabad il y a quelques temps. Pour une fois que j’aurais besoin des services de rabatteurs d’hôtel, il n’y en a pas le moindre à l’horizon. Puisque tous les centres d’information sont fermés en cette heure tardive, je choisis le premier hôtel que je rencontre, lequel se révèle être un peu plus cher que je l’aurais espéré.

Le lendemain matin, une mauvaise surprise m’attend. Tout est fermé, absolument et totalement tout, jusqu’aux cabines téléphoniques qui sont hors service! La raison? C’est le début du « Holy Festival ». L’atmosphère est à la fête dans les rues, tout le monde s’amuse à s’asperger les uns les autres en se projetant de l’eau mélangée à de la poudre colorée à l’aide de fusils à eau fabriqués spécifiquement pour cet événement. Puisque de l’avis même des Indiens que j’ai interrogés, il sera impossible de faire quoique ce soit aujourd’hui : « Today, complete waste », je décide de faire contre mauvaise fortune bon coeur et je me joins à la fête.

Après avoir participé activement aux festivités, je n’ai toutefois pas l’intention de « gaspiller » une journée en Inde. Je prends donc l’autobus du système public indien pour retourner à Shilpagaram, là où se trouve le marché d’artisanat où j’étais allée lors de ma première visite. Malgré le festival qui se poursuit et la pluie diluvienne qui tombe, de nombreux petits commerçants tiennent boutique. J’en profite pour demander comment il se fait que la mousson soit déjà commencée, et on m’explique que ce n’est pas encore réellement la mousson, mais que toute cette pluie annonce que l’été sera sans doute particulièrement chaud.

Ma journée du lendemain ne se présente guère mieux. Tout est encore fermé, car nous sommes dimanche. Encore une fois, on m’annonce que : « Today, complete waste ».

Malgré tout, je décide d’employer le temps qu’il me reste en Inde pour découvrir la ville à pied et, pourquoi, tentez de magasiner (bien que tout est supposément fermé). Je me tiens cependant à l’écart du quartier touristique de Charminar et, en fait, je ne rencontre pratiquement aucun touriste dans les endroits où je me rends, mis à part quelques uns à l’aéroport qui étaient en transit vers Dubaï.

Contrairement à ce qu’on m’avait annoncé, une longue marche me permet finalement de découvrir plusieurs petites boutiques ouvertes, ce qui me permet de compléter mes achats en Inde. Curieusement, aucun commerçant n’essaie de me rouler sur le prix de ses articles, à tel point que je ne sens même pas le besoin de marchander. De plus, ils n’insistent pas davantage auprès de moi qu’auprès de leurs autres clientes Indiennes pour que je visite leurs boutiques. Serait-ce, comme le prétend Sonia, que mon attitude envers les Indiens aurait changés au point où j’aurais moins l’air d’une touriste?

Une chose est certaine, je garderai un excellent souvenir de ces sympathiques commerçants et de leurs belles petites boutiques de bricoles variées. Elles vont me manquer…

J’ai visité la ville de Varanasi (aussi connue sous le nom de Bénarès) un peu par hasard, ou par chance. J’avais décidé de passer encore un peu de temps en Inde et j’hésitais entre les villes de Khajurâho et de Bîkaner. C’est l’agent de voyage à qui je m’étais adressée qui m’a conseillée (ou plutot imposer sans trop me demander mon avis) de prendre un billet de train à destination de Varanasi.

Varanasi est sans doute l’une des villes les plus sacrée de l’Inde. J’étais un peu appréhensive à l’idée de me rendre dans cette ville, car selon la littérature et les photos que j’avais vus, l’endroit semblait épouvantablement surpeuplé, et on n’y ménageait pas les avertissements contre les pickpockets et les rabatteurs d’hôtel, supposément plus agressifs et menteurs qu’ailleurs. Néanmoins, on peut difficilement concevoir un voyage en Inde sans une visite au Gange, un des fleuves le plus sacré (et malheureusement aussi le plus pollué) du monde. Je me suis finalement dit, qu’au pire des cas, je ne passerai qu’une seule nuit dans cette ville.

Heureusement, mes craintes ses sont avérées non fondées. Varanasi est une ville superbe. S’il est vrai que les ghâts, les escaliers menant aux rives du Gange que les Indiens utilisent pour aller se baigner dans le fleuve, deviennent effroyablement encombrés lors des cérémonies religieuses, le reste du temps ces endroits sont étonnamment calmes. Les hôtels, nombreux et relativement peu chers, offrent presque tous une vue sur le fleuve, un toit ou un restaurant terrasse avec vue panoramique. Le Gange, dont les dimensions sont véritablement impressionnantes, présente un étrange contraste entre ses deux rives. Sur l’une d’elles se trouvent d’innombrables escaliers (les ghâts), des ports, des hôtels, des temples à l’architecture soignée, alors que sur le côté opposé, on ne voit qu’une immense étendue de sable vide, ainsi que quelques rares touristes.

On peut visiter la ville de deux façons radicalement différentes, soit en longeant le fleuve par les ghâts, soit en se promenant dans les ruelles. La première méthode offre une vision simple et calme de la ville. La plupart des hôtels possèdent un escalier qui descend jusqu’aux berges du fleuve majestueux, il est très facile de s’y retrouver, l’espace est dégagé et on peut s’y balader en toute tranquillité. Il est aussi possible de louer une barque pour vraiment experimenter le fleuve.

L’autre méthode offre une vision tout à fait différente de la ville. Les ruelles étroites et surpeuplées semblent avoir été construites dans l’anarchie la plus totale et elles constituent un véritable labyrinthe. Se rendre d’un hôtel à l’hôtel voisin en empruntant les ruelles constitue un véritable exploit! À chaque détour, nous attend une nouvelle surprise. Un quartier musulman huppé côtoie des immeubles en ruines qui témoignent d’une misère extrême; dans la rue suivante, on peut tomber nez à nez avec un énorme buffle qui se balade librement malgré l’espace restreint; plus loin, on aperçoit des magasins surveillés de près par des militaires armés et en uniforme, qui affichent malgré tout un air nonchalant; derrière cet autre mur, on découvre une fabrique de saris où des enfants travaillent côte à côte avec des adultes.

Avec ses côtés plus sombres, et ses cotes plus mystique, Varanasi semble etre un veritable concentrée de la vie indienne: difficile, cruelle et sans merci; mais aussi remplie de charme, de mystère et de beaute a couper le souffle.