Archive for avril 8th 2008

À lire dans cet ordre:

  1. Au coeur de l’ordinateur
  2. Voyage en bande-annonce
  3. Dans le port d’Amsterdam, il n’y a pas que des marins…
  4. Minutie et précisions
  5. La reine du Danube
  6. Otan en emporte le vent…

Prochaine destination: Berlin!

Lorsque l’on ne planifie pas un voyage dans ses moindres détails, on se réserve bien sûr de belles surprises, mais on s’expose également à certains contretemps. Nous avions établi l’objectif : la mer Noire, où du moins la destination la plus à l’Est que le temps (et notre passe de train) nous permettrait d’atteindre. Pour ce qui est de l’itinéraire et de la durée de nos arrêts dans chaque ville, nous avions préféré nous en remettre à l’inspiration du moment. Oui mais voilà, cette stratégie ne nous permettait pas de tenir compte des divers festivals, congés fériés ou autres événements de l’actualité susceptibles de contrarier nos projets.

Passons sur le cas de la Suisse où des voyageurs mieux informés auraient sans doute su que pratiquement tout est fermé le dimanche. Ce n’était pas planifié, mais ça a définitivement ajouté au charme de notre visite là-bas, puisque nous n’étions pas importunés par la foule ou les autres touristes. Après tout, nous n’avions pas de sites particuliers à visiter et nous avons pu jouir de la tranquillité des rues presque désertes, entendre le son des carillons en provenance des nombreux clochers d’église et observer les passants endimanchés qui revenaient de la messe.

La ville de Bucarest nous réservait toutefois une surprise d’un tout autre ordre. Déjà dans le train, alors qu’on contrôlait nos passeports pour la troisième fois et que l’on fouillait nos bagages pour la deuxième fois (alors que nous n’étions même pas descendus du train!), nous avons commencé à ressentir un certain malaise. À la sortie de la gare, deuxième choc, il y avait des policiers partout! À chaque intersection nous pouvions en compter entre quatre et dix; les rues étaient étonnamment désertes, lorsqu’elles n’étaient pas carrément interdites à toute circulation. Impossible de prendre la moindre photographie sans se faire dire que c’était strictement interdit. Impossible de s’arrêter un instant pour trouver notre chemin ou pour observer le paysage sans se faire avertir de circuler. Nous avons même eu droit à un nouveau contrôle de nos passeports et à une autre fouille de nos bagages, parce que nous nous étions simplement arrêtés pour consulter l’horaire de l’Opéra!

Ce n’est qu’en arrivant à l’hôtel que nous avons découvert le pot aux roses. Ceux qui suivent l’actualité de près auront sans doute compris que nous étions arrivés à Bucarest en plein Sommet de l’Otan!

Pour être franche, cette omniprésence policière, un temps grisâtre, de nombreux bâtiments en ruine, des rues et des trottoirs complètement défoncées, des habitants à l’allure plutôt misérable, l’absence de tout attrait touristique (accessible), tout cela m’a laissé une bien triste impression de la capitale de la Roumanie. Quelle déception après les splendeurs de Budapest, que nous venions tout juste de quitter!

[Horreur! Après relecture de ce texte, en 2024, j’ai réalisé que si j’avais bien nommée la ville, je m’étais trompée de pays, relocalisant la capitale de la Roumanie… en Hongrie.]

Mon coup de cœur parmi les villes européennes visitées depuis le début de ce voyage : Budapest! Je suis instantanément tombée amoureuse de cette ville. Construite sur les berges du majestueux Danube bleu, cette ville présente tous les charmes des autres belles villes européennes : architecture raffinée, rues pavées, propreté irréprochable et accès à tous les services modernes, mais, en plus, dans ce doux mélange de moderne et d’ancien, on sent déjà l’influence de la culture slave. Ses monuments anciens d’une grandeur et d’une splendeur incomparables sont mis en valeur par les reflets du fleuve ou l’éclairage nocturne. Les gens sont souriants, de charmantes boutiques se découvrent un peu par hasard sous l’intersection des rues, dans des chemins souterrains permettant de traverser les grandes artères sans soucis; les petits restaurants et les bars sympathiques. À notre grand étonnement, presque tout le monde à qui nous avons adressé la parole, de l’employé de gare au simple passant, pouvait s’exprimer dans un anglais fort convenable, avec un accent presqu’inexistant. De plus, le coût de la vie est inférieur à bien d’autres cités européennes. À notre plus grand regret, nous n’avons pu passer que quelques heures dans cette ville magnifique, juste de quoi nous mettre l’eau à la bouche, et nous avons dû reprendre notre course vers la mer Noire. Nous nous sommes toutefois promis de revenir à Budapest à la première occasion et, cette fois, d’y passer au moins quelques jours.