Archive for avril 2008

Me voici donc de retour à Amsterdam, pour la troisième fois… Mais là, j’ai bien l’intention de visiter autre chose que l’aéroport. En effet, je veux voir le port. Le fameux port d’Amsterdam si bien chanté par Brel.

Nous sommes débarqués du train à une heure du matin et comme nous n’avions pas l’intention de dormir dans cette ville, nous avons décidé de suivre la foule des jeunes qui circulaient encore en grand nombre dans les rues, malgré l’heure tardive. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans le quartier chaud de la ville : le fameux « Red Light District », qui doit probablement son nom aux néons rouges qui éclairent les vitrines.

J’étais très loin de m’attendre à un tel spectacle! Tout ce que je connaissais de cette ville, c’était ce que j’avais pu voir dans la bande annonce de l’avion, ou de la chanson de 1964… J’ignorais donc (bien que pour le premier, je m’en doutais bien) que dans cette ville, non seulement la prostitution et la marijuana sont tout à fait légales, mais qu’elles constituent en fait une énorme industrie qui s’affiche en toute liberté et surtout sans aucune pudeur. Détails dont ils s’étaient bien gardés de parler dans la bande-annonce de l’avion!

Dans ce « quartier rouge », les rues sont entièrement occupées par des boutiques aux larges vitrines où des femmes s’exhibent dans des vêtements aux courbes voluptueuses et aux vêtements très révélateurs – généralement simple bikini ou sous-vêtement minimalistes. Ces poupées de porcelaine grandeur nature font les yeux doux aux clients qui prennent bien le temps d’examiner la marchandise d’un œil critique avant de se décider à pousser la porte.

Les clients (en majorité des groupes hommes, mais il y a aussi de nombreux couples) sont de toutes les nationalités et ils discutent longuement du rapport qualité prix de telle ou telle belle de nuit. Selon mon guide du voyageur, que je n’avais feuilleté que d’un œil très distrait avant d’arriver sur place (et de façon beaucoup plus attentive par la suite!) les prix actuels sont d’environ 50 euros par période de quinze minutes.

Vers cinq heures du matin, la ville ralenti progressivement, les boutiques spécialisées cédant le pas aux autres beautés de la ville. Vers 11 heures, la ville a complètement changé de costume, elle est transformée. Le regard des très nombreux touristes se porte maintenant vers ses immeubles élégants, ses canaux et ses ponts magnifiques, ses petites rues envahies de piétons et de vélos. La partie touristique d’Amsterdam part du « Centrum », où se situe la gare ferroviaire, et elle s’étend en ondes progressives délimitées par les fameux canaux, ce qui fait vaguement penser à Venise. Lorsque l’on franchit le dernier canal, la ville change de nouveau de visage : les immeubles aux styles anciens cèdent progressivement la place à des immeubles à appartements plus carrés, les pavées disparaissent au profit de l’asphalte, et les vrais habitants d’Amsterdam, majoritairement des immigrants, remplacent les touristes.

J’ai ressenti la densité de la population beaucoup plus fortement ici qu’en Inde. En effet, il y a beaucoup de monde à Amsterdam, mais plutôt qu’une surpopulation stagnante comme en Inde, où les gens sont relativement immobiles dans leurs maisons, leurs rickshaws ou leurs boutiques, ici la population est mouvante, elle se déplace en masses compactes, et elle traverse la ville comme une véritable marée humaine.

La ville d’Amsterdam abrite aussi un musée du sexe (faut-il s’en étonner?). Mais n’allez pas croire qu’on y fait la part belle à l’érotisme et à la sensualité comme dans le musée du sexe à Paris. Ici, vous trouverez du sexe pur et dur, sans préliminaires, censure ni douceur. Adieu la tendresse, bienvenue la bestialité. Les images pornographiques s’alignent crûment, les unes à la suite des autres, et aucune forme de perversité n’est épargnée au regard du visiteur-voyeur. Vous ne trouverez dans ce « musée » aucune information sur l’histoire de l’érotisme, ni aucune exposition sur la sensualité dans l’art contemporain. Cet établissement ne s’adresse pas aux âmes romantiques ou le moindrement pudiques, mais je n’ai pu m’empêcher de remarquer qu’il semblait néanmoins beaucoup plus fréquenté que son homologue Parisien…

Est-il possible de prendre le pouls d’une ville ou d’un pays en quelques heures seulement? C’est le défi que nous nous sommes lancés, mon ami et moi. J’ai eu à peine le temps de déposer mes sacs et de faire une courte visite de la ville de Brême, que déjà je dois refaire mes bagages pour de prochaines destinations.

Munis d’une passe de train à parcours illimité, sous tout le territoire Européen pour une période de dix jours non consécutifs, nous avons l’intention de visiter le plus grand nombre de pays possible d’ici lundi (mon compagnon de voyage devant retourner travailler ce jour-là), même si nous devons nous restreindre à ne passer que quelques heures dans chacun. Notre objectif? Atteindre la mer Noire! Tout un programme en perspective.

Au cours de la première fin de semaine, nous avons déjà pu rejoindre Amsterdam (Pays Bas), ainsi que dans les villes de Zurich et de Lucerne (Suisse), avant de revenir à Brême quelques heures avant l’heure d’aller travailler. Nous sommes reparti la nuit même.

Le reste du voyage à été improvisé sur le tas, notre prochaine destination étant souvent décidée – puis changée régulièrement – à l’intérieur même du train. Finalement, nous avons fini par nous arrêter dans les villes de Munich (Allemagne, pour une durée de 2 h 30), de Budapest (Hongrie, pendant 5 h), de Bucarest (Roumanie, pour une nuit) et de Constanta (2 h, toujours en Roumanie), et de finalement de Vienne (en Autriche, pour une durée de 5 h).

Une drôle de sensation m’a envahie lorsque j’ai mis les pieds en Allemagne. Devant ses rues parfaitement pavées et impeccablement propres; ses bâtiments bien alignés et organisés; sa circulation automobile parfaitement ordonnée, où les piétons attendent sagement le feu vert avant de traverser à l’intersection et ce, même s’il n’y a pas le moindre véhicule à l’horizon; son soucis de la ponctualité; où le voyageur considère un retard de cinq minutes d’un train ou d’un autobus comme une offense personnelle; et autre petit détails du même gabarit… j’ai eu la vague impression que je venais de pénétrer à l’intérieur d’un système informatique. J’ai été également étonnée par la facilité avec laquelle on peut se procurer une information, que ce soit auprès d’un préposé ou à l’aide d’une borne informatique, ainsi que par la bienséance des gens, toujours prêt à aider, leur amabilité et leur discrétion.

La ville de Brême est d’une propreté irréprochable, ses édifices, construits en hauteur plutôt qu’en largeur, comptent généralement trois ou quatre étages et s’alignent le long des rues en formant de longues murailles sans failles. Les trottoirs, très larges, comprennent une partie réservée aux cyclistes, constitué de brique rouge pour la distinguer de la partie réservée aux piétons, faite de pierre grise. De nombreux tramways sillonnent régulièrement les rues pendant le jour, cédant leur place aux autobus la nuit. Les autobus desservent également les quartiers situés plus en périphérie. On peut atteindre toutes les régions du pays en train, ainsi que plusieurs autres pays d’Europe, et les tarifs sont relativement abordables.

Malgré le peu de temps que j’ai passé jusqu’à présent à Brême, je suis tombée sous son charme. C’est une ville accessible, accueillante, peuplée de gens charmants et, surtout, d’une merveilleuse tranquillité après le tumulte de l’Inde. En ce début de printemps, il fait plutôt froid et le temps change constamment, mais cela n’empêche pas les arbres de bourgeonner et les fleurs de faire timidement leur apparition. J’aurai souvent l’occasion de revenir à Brême, bien que ce ne soit que des arrêts furtifs, car c’est en quelque sorte mon port d’attache pour cette partie de mon voyage.