L’Inde, c’est d’abord et avant tout une odeur. Dès la sortie de l’aéroport, elle est là, partout : une odeur forte, chaude, envahissante. L’Inde, c’est aussi les couleurs. Même la nuit, lorsque toute les vaches sont grises, on ne peut s’empêcher d’imaginer la couleur de ses immeubles, de ses habitants, de ses voitures, des rickshaws et autres véhicules. L’Inde, c’est aussi la musique. À peine étions nous embarqués dans la voiture qui nous conduisait à notre chez nous que déjà, celle-ci nous envahissait : une musique entraînante, aux accents de pop, de techno ou de hip-hop, et pourtant définitivement indienne.
Nous avons commencé à goûter l’Inde en plein cœur de la nuit. À trois heures du matin, les rues de Hyderabad sont déjà grouillante d’activités : les centres d’appels des grandes compagnies occidentales se doivent de respecter l’heure locale des canadiens, américains ou européens qui utilisent leurs services. Les petites voitures et rickshaws laissent place aux camions de transport et aux autobus voyageurs pour la nuit. Nous nous arrêtons quelques instants au bord de la route, devant une sorte de petite halte routière éclairée par des feux de camps disséminés ça et là, le temps que notre chauffeur se procure un petit remontant.
Je ne pourrais pas dire que l’Inde est « belle ». Dans la noirceur de la nuit, il nous est impossible de voir le paysage, et seules les maisons les plus proches de la route – souvent des taudis, ou des bicoques à l’allure assez délabrées – sont visibles. En plein jour, on peut voir les déchets omniprésents sur le sol et autour des maisons.
Néanmoins, c’est le jour que l’Inde dévoile tous ses charmes. Ses multiples échoppes au contenu des plus divers, ses femmes magnifiques dans leur saris multicolores, ses chèvres et ses vaches rencontrés au détour d’une ruelle…
Bien sûr, ce n’est encore que mon premier jour, et j’ai eu moins d’une heure pour observer la ville, ce qui est bien peu. Le Centre de formation du Bala Vikasa est situé à la fin d’un cul-de-sac, parmi les meilleures écoles de la région, près d’un hôpital et d’un centre religieux. L’endroit est particulièrement calme et silencieux. L’eau est filtrée sur place; elle est donc potable partout dans l’édifice. Nos chambres sont climatisées et nous avons même droit à une salle de bain individuelle avec douche, bien que celle-ci nous a causee un peu de fil a retordre. La nourriture est excellente, bien que tres peu epicee (on nous offre le menu « canado-indien » : de la nourriture typiquement indienne, les epices en moins) et les gens sont souriants. La température extérieure varie entre « chaude ».et « très chaude », mais elle est néanmoins supportable. La flore est magnifique et la faune offre parfois de curieuses surprises!
Nous sommes sortis du Centre en direction de la ville à l’heure ou les écolières quittaient l’école pour la journée. Nous avons sans contredit attiré toute leur attention. C’était vraiment très amusant de voir toutes ces petites filles, en chemise blanche et jupe bleue, nous saluer sur notre passage, venir rapidement se présenter et nous serrer la main avant de repartir à toute vitesse. À notre retour, de jeunes garçons à vélo avaient pris leur place. Ils nous suivaient en nous posant toutes sortes de questions (en anglais heureusement) : Qui étions nous? Que venions nous faire ici? Où allions nous? etc. Je n’ai pas pu résister à la tentation de les photographier. Ils étaient très fiers que je le fasse et ils étaient excités et vraiment très heureux de pouvoir regarder ces photos sur l’écran d’affichage de mon appareil numérique.






