Avant notre arrivée en Inde, on nous avait prévenus qu’il fallait se préparer mentalement à faire face à la mendicité, omniprésente dans ce pays. En fait, il faut littéralement dresser un mur mental afin de résister à la tentation de donner de l’argent à un mendiant, car ce dernier sera aussitôt remplacé par des dizaines d’autres. En outre, on nous a prévenus que ces dons ne profitent généralement pas aux mendiants qui les reçoivent, mais plutôt à ceux qui les forcent à mendier, un peu à la manière des proxénètes dans le domaine de la prostitution.
À l’occasion de nos visites en ville, nous avons eu l’occasion de constater par nous-mêmes l’ampleur du problème de la mendicité. Il est en effet pratiquement impossible de se promener en ville sans se faire aborder par une pauvre femme avec un bébé dans les bras, ou par une jeune fille qui tend un petit pot. Les mendiants nous abordent, ils nous suivent, ils nous tirent par le bras et nous harcèlent pour qu’on leur donne quelques roupies, et si nous cédons à leurs demandes, ils sont immédiatement remplacés par d’autres.
Une autre chose qu’il faut savoir lors des sorties en ville, c’est qu’il ne faut jamais laisser voir que l’on transporte un appareil photo. En effet, les Indiens adorent se faire prendre en photo. Nous l’avons appris à nos dépens, vendredi soir, lorsque Guillaume, Ashley et moi avons voulu aller voir une partie de criquet, le sport national en Inde. Lorsque les joueurs ont aperçu nos appareils numériques, ils ont aussitôt arrêté de jouer pour venir nous parler et pour nous demander de les prendre en photo! En fait, nous avons dû poursuivre notre route, car ces gaillards n’avaient pas du tout l’intention de recommencer à jouer tellement ils préféraient poser pour les caméras!
Il est carrément stupéfiant de constater à quel point les Indiens aiment qu’on leur porte attention. Nous avons pu le constater en passant devant un campement situé tout près du bord de la route. Les gens de ce campement vivent dans des tentes de fortune et il est évident qu’ils n’ont qu’un maigre repas à partager entre toutes les bouches à nourrir. C’est pourquoi, lorsque nous avons vu des femmes portant des bébés s’approcher de nous, nous avons tout de suite pensé qu’elles allaient nous quémander de l’argent. Mais non! Elles voulaient elles aussi qu’on les prenne en photo! Que nous posions leurs bébés, que nous prenions des poses individuelles, des enfants, des poses de la famille au complet, etc. La séance de photographie a duré plus d’une dizaine de minutes. Un jeune garcon m’a donner une interpretation très convaincante de la chanson « Who let the dogs out » pendant que je le posais! Ils nous ont ensuite demandé quand nous allions revenir pour prendre encore plus de photographies, et si nous pouvions aller a leur ecole afin de photographier leurs amis! Je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises en Inde…







