L’endroit est tellement calme ici, que l’on a peine à croire que l’on se trouve encore en Inde. Les vendeurs demeurent tranquillement derrière leur comptoir en attendant qu’on vienne examiner leurs marchandises. Il n’y a pas de mendiants, à l’exception de jeunes enfants de bonne famille qui vous demandent poliment et dans un parfait anglais de leur donner 10 roupies ou un cornet de crème glacée. Il y a très peu de circulation, hormis quelques taxis à l’allure de mini-autobus et, bien entendu, les fameuses jeeps collectives qui font office d’autobus publiques. La règle de base pour les conducteurs de ces véhicules est qu’il y a toujours de la place pour un passager supplémentaire, et ce, même lorsqu’il y a déjà six personnes assises sur le banc avant, huit sur le banc arrière, et trois autres à l’extérieur du véhicule qui se tiennent debout sur le pare-choc arrière. Cette quasi absence de trafic a pour conséquence que le niveau sonore en ville est très bas, à tel point que lors de la première nuit que j’ai passé à l’hôtel dans cette ville, j’ai eu de la difficulté à m’endormir, car mes oreilles bourdonnaient tellement elles avaient de la peine à s’adapter au silence. Il ne faut toutefois pas croire que la ville est peu peuplée. En effet, la densité de la population y est très forte puisque l’on compte 107 530 habitants dans une ville que l’on peut facilement parcourir à pied en moins de deux heures.
Une autre différence frappante ici : la quantité de chiens domestiques. Cette remarque peut sembler un peu etrange, a moins d’avoir déjà visiter une ville Indienne. En effet, l’animal le plus commun en Inde, plus que n’importe quel autre animal – vaches, chèvres ou singes – est le chien sauvage. Il s’agit d’un grand chien au poil très ras et à la queue généralement longue et pointue, ou parfois poilue et recourbée. Ces chiens sauvages se promènent souvent en groupes de deux à cinq adultes, ou alors il s’agit d’une chienne suivie de sa portée de petits chiots. Même s’ils ne craignent pas l’être humain, ces chiens ne recherchent pas non plus leur compagnie et ils se montrent rarement agressifs. Pour leur part, les Indiens se montrent généralement indifférents à la présence de leurs voisins canins, quoiqu’il arrive qu’ils leur lancent des pierres pour les éloigner des déchets.
Bien que ce type de chien soit aussi present ici, il est largement surpassé par la population de chiens domestiques. Même s’ils se promènent très librement dans la ville, le fait que ce sont généralement des animaux de race ou qu’ils portent un collier ne laisse aucun doute sur leur appartenance réelle.
Outre le froid, ce qui est plutôt inhabituel pour l’Inde, le principal défaut de Darjeeling est la difficulté de s’y retrouver. Les points de repère sont en effet très rares et les cartes sont peu utiles, soit qu’elles sont imprécises, soit qu’on n’y mentionnent pas le nom des rues ou alors on le fait de façon totalement incompréhensible. De toute manière, il n’y a généralement pas de panneaux pour indiquer le nom des rues. En fait, le seul type de carte qui pourrait être d’un certain secours ici serait une carte typographique. Je sais notamment que mon hôtel est situé tout en haut de trois collines successives; que le zoo est le point le plus bas de la ville; que la rue qui monte à partir de la tour de l’horloge est la rue Zeilmer; et que celle qui en descend est la rue qui mène au parc. Un autre élément qui n’est pas mentionné sur les cartes, ce sont les escaliers dissimulés entre les bâtiments, lesquels permettent de passer beaucoup plus facilement d’un côté de la ville à l’autre. Une fois ce petit truc découvert, la ville devient soudainement beaucoup plus accessible !
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