Archive for mars 2008

L’endroit est tellement calme ici, que l’on a peine à croire que l’on se trouve encore en Inde. Les vendeurs demeurent tranquillement derrière leur comptoir en attendant qu’on vienne examiner leurs marchandises. Il n’y a pas de mendiants, à l’exception de jeunes enfants de bonne famille qui vous demandent poliment et dans un parfait anglais de leur donner 10 roupies ou un cornet de crème glacée. Il y a très peu de circulation, hormis quelques taxis à l’allure de mini-autobus et, bien entendu, les fameuses jeeps collectives qui font office d’autobus publiques. La règle de base pour les conducteurs de ces véhicules est qu’il y a toujours de la place pour un passager supplémentaire, et ce, même lorsqu’il y a déjà six personnes assises sur le banc avant, huit sur le banc arrière, et trois autres à l’extérieur du véhicule qui se tiennent debout sur le pare-choc arrière. Cette quasi absence de trafic a pour conséquence que le niveau sonore en ville est très bas, à tel point que lors de la première nuit que j’ai passé à l’hôtel dans cette ville, j’ai eu de la difficulté à m’endormir, car mes oreilles bourdonnaient tellement elles avaient de la peine à s’adapter au silence. Il ne faut toutefois pas croire que la ville est peu peuplée. En effet, la densité de la population y est très forte puisque l’on compte 107 530 habitants dans une ville que l’on peut facilement parcourir à pied en moins de deux heures.

Une autre différence frappante ici : la quantité de chiens domestiques. Cette remarque peut sembler un peu etrange, a moins d’avoir déjà visiter une ville Indienne. En effet, l’animal le plus commun en Inde, plus que n’importe quel autre animal – vaches, chèvres ou singes – est le chien sauvage. Il s’agit d’un grand chien au poil très ras et à la queue généralement longue et pointue, ou parfois poilue et recourbée. Ces chiens sauvages se promènent souvent en groupes de deux à cinq adultes, ou alors il s’agit d’une chienne suivie de sa portée de petits chiots. Même s’ils ne craignent pas l’être humain, ces chiens ne recherchent pas non plus leur compagnie et ils se montrent rarement agressifs. Pour leur part, les Indiens se montrent généralement indifférents à la présence de leurs voisins canins, quoiqu’il arrive qu’ils leur lancent des pierres pour les éloigner des déchets.

Bien que ce type de chien soit aussi present ici, il est largement surpassé par la population de chiens domestiques. Même s’ils se promènent très librement dans la ville, le fait que ce sont généralement des animaux de race ou qu’ils portent un collier ne laisse aucun doute sur leur appartenance réelle.

Outre le froid, ce qui est plutôt inhabituel pour l’Inde, le principal défaut de Darjeeling est la difficulté de s’y retrouver. Les points de repère sont en effet très rares et les cartes sont peu utiles, soit qu’elles sont imprécises, soit qu’on n’y mentionnent pas le nom des rues ou alors on le fait de façon totalement incompréhensible. De toute manière, il n’y a généralement pas de panneaux pour indiquer le nom des rues. En fait, le seul type de carte qui pourrait être d’un certain secours ici serait une carte typographique. Je sais notamment que mon hôtel est situé tout en haut de trois collines successives; que le zoo est le point le plus bas de la ville; que la rue qui monte à partir de la tour de l’horloge est la rue Zeilmer; et que celle qui en descend est la rue qui mène au parc. Un autre élément qui n’est pas mentionné sur les cartes, ce sont les escaliers dissimulés entre les bâtiments, lesquels permettent de passer beaucoup plus facilement d’un côté de la ville à l’autre. Une fois ce petit truc découvert, la ville devient soudainement beaucoup plus accessible !

Chaque fois que l’on change de ville, en Inde, c’est comme si l’ont changeait d’univers. Je suis presentement a Siliguri (ou, tout du moins, quelque part entre NJP et Siliguri), a attendre que la « jeep collective » qui m’amenera a Darjeeling se remplisse. Il est encore tot le matin et les rues se reveillent lentement. Des hommes commencent a ouvrir leur boutique alors que les femmes commencent a nettoyer les rues, emmitoufflees dans de grosses couvertures de laines brodes. De jeunes enfants se rendent a l’ecole, enferme dans des autobus qui ressemblent d’avantage a des cages a poules tirer par un homme a velo qu’un veritable transport scolaire. La temperature ici et beaucoup plus froide qu’ailleurs en Inde – de la buee se forme lorsque les gens respirent. Darjeeling, a 3100 metre d’altitude, promet d’etre encore plus froide.

Le melange ethnique, toujours a dominance asiatique, semble beaucoup plus fort ici que n’importe ou en Inde. Lorsque l’on regarde la position geographique de l’endroit, ca se comprends facilement : l’Inde se reduit ici a un mince filet entourer du Nepal, du Tibet, du Bouthan et de la Chine. De ce fait, la majorite des gens que j’ai pu voir jusqu’à present presentaient davantage de traits caracteristiques du Tibet, ou parfois du Nepal, que de l’Inde.

A partir de Siliguri, differentes options permettent de se rendre a Darjeeling, ma destination. La plus populaire est generalement la « jeep collective », du fait de son cout tres bas (90 roupies pour un trajet de 2h). Comme son nom l’indique, il s’agit d’une voiture de type jeep, qui ne quitte son point de depart qu’une fois remplis a ras-bord de passagers. Une autre option, beaucoup plus agreable, est de prendre le « toy train ». Ce petit train a vapeur, un des derniers encore en fonction en Inde, relie quotidiennement Darjeeling a NJP. Le paysage incroyable qui ponctue son trajet, ainsi que l’histoire qui l’accompagne, lui a valu d’etre inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Parcontre, vous ne devez pas etre trop presser de vous rendre a destination. En effet, par ce moyen, le trajet peut prendre plus de 9h !

Pendant ce temps, j’attends toujours que la jeep se remplisse afin de quitter Siliguri. Lorsque vous voyagez seul, ce n’est peut-etre pas l’option la plus rapide, finalement…

(Pardon pour le manque d’accents et les quelques fautes possiblement presentes dans ce texte)

Mon trajet est fixé pour ma derniere semaine en Inde:

14 (demain): Jaipur, nuit surplace
15: Jaipur, depart vers Agra
16: Agra, nuit surplace
17: Agra, depart vers Khajuraho, nuit surplace
18: Khajuraho, nuit surplace
19: Khajuraho, depart vers Varanasi
20: Varanasi, nuit sur place
21: Varanasi, depart vers Delhi, d’ou je prendrai un avion pour Hyderabad
22: Hyderabad et depart vers Amsterdam

A partir de là, il est probable que je recommencerai a improviser un peu. La date de mon retour au pays est toujours aussi nebuleuse!

Nous sommes arrivés à Kolkata (ville que les Britanniques appelait Calcutta) en début de soirée, après un trajet en train d’une durée de 26 heures. Nos amis Bengalis nous ont aussitôt guidés jusqu’à l’hôtel où ils avaient des réservations. L’hôtel en question était un peu plus cher que ce que nous nous attendions à payer, mais il offrait en contrepartie un certain confort et il était doté de toilettes de type occidental, qui n’étaient toutefois pas séparées des cabines de douche. Il fallait également partager la chambre avec un bon nombre de coquerelles, mais bon…
Le soir de notre arrivée, nous avons mangé dans un restaurant bengali conseillé par nos amis. Par la suite, cependant, nous nous sommes offert une journée complète de nourriture occidentale, histoire d’offrir un petit repos à nos estomacs après deux mois d’un régime à base de, de riz, de purées, de légumes salés bouillis pour le petit déjeuner et surtout de beaucoup d’épices.

Kolkata est une grande ville typiquement indienne de 4,5 millions d’habitants (14 millions si l’on considère la grande région métropolitaine). On y remarque cependant une certaine influence occidentale, car on y trouve des centres commerciaux, des gratte-ciel, le « Victoria Memorial » (un magnifique édifice en marbre blanc qui sert présentement de musée, au charme entièrement britannique), et des magasins qui ressemblent étrangement aux Chapter’s et autres Breault et Martineau de chez nous.

Toutefois, il est impossible de se croire en Occident, car la ville est incroyablement surpeuplée. Il y a du monde partout dans les rues, des taudis dans tous les endroits possibles et impossibles, des rickshaws (des vrais, ceux qui sont tirés par des hommes) à tous les coins de rue, des chiens errants dans les ruelles et des mendiants… Il faut toutefois noter que bien qu’elle soit présente, la mendicité est moins répandue qu’à Hyderabad. En fait, je crois que Kolkata compte davantage de vendeurs itinérants ou de « rabatteurs » qui travaillent pour de petits commerçants que de véritables mendiants.

En fait, le cœur de la ville est son marché couvert qui porte le nom de « New Market », car il a été construit juste à côté de l’ancien marché. Cet endroit est une véritable caverne d’Ali Baba (on y compte toutefois plus que 40 voleurs). On peut y trouver absolument TOUT ce que l’on cherche (ou ne cherche pas), et ce, à tous les prix possibles. Évidemment, n’espérez pas pouvoir magasiner en paix. Il y aura toujours quelqu’un qui voudra vous montrer un autre magasin (Kolkata T-shirt!), qui voudra vous guider jusqu’à la boutique de son frère (Come see my Silver shop!) ou qui voudra vous montrer un endroit ou vous pourrez faire de bonnes affaires (cheap Pashmina! Panchovi! Just look, don’t buy, come see!). Je me suis fait un malin plaisir à « suivre » ces rabatteurs et à leur fausser compagnie en prenant le chemin opposé à chaque fois qu’ils tournaient à une intersection. Immanquablement ils courraient à ma suite pour me ramener sur le « droit chemin ».

Bien entendu, la « bonne affaire » en question est presque toujours un objet dont le prix a été exagérément gonflé afin de payer la commission du rabatteur. Les vendeurs indiens sont incroyablement effrontés et n’hésitent aucunement à vous demander 800 roupies pour un chandail qui en vaut moins de 200 – et encore, ils vous font un prix d’amis, parce que c’est la soirée et que c’est leur heure chanceuse. Bien entendu, ce prix est fixe et non négociable, mais si vous faites mine de quitter le magasin sans rien acheter, le prix en question devient soudainement beaucoup plus souple. En résumé, avant de vous lancer dans tout marchandage, vous devez d’abord avoir une bonne idée du juste prix marchand de l’objet en question. Par la suite, il n’en tiendra qu’à vous de faire valoir vos talents pour le marchandage afin de mettre la main sur de petits trésors à des prix très intéressants.

Un mauvais clavier, une connexion (et un branchement electrique) deficiente et chere ne me permette que de vous laissez ce petit mots afin de vous dire que je suis toujours vivante, et toujours en balade sur le territoire Indien. Je suis presentement a Darjeeling, apres avoir fait un arret avec les autres Canadiens et nos amis Bengali a Calcutta. Prochaine destination? Encore a prevoir.